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	<title>Rita Dionne-Marsolais</title>
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		<title>Récit de voyage au Vietnam</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 21:27:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administratrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le récit d’un voyage de 35 jours au Vietnam en novembre 2011 par Rita Dionne-Marsolais avec Lucie Papineau qui  a pris toutes les photos.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="ngg-singlepic alignnone" src="http://www.ritadionne-marsolais.org/wp-content/gallery/voyage-vietnam/vietnam0001.jpg" alt="vietnam0001" width="368" height="276" />Un pays à visiter maintenant.</strong></p>
<p>Comme ce pays change à la vitesse de l&#8217;éclair, il faut le voir bientôt car dans deux ans ce sera un tout autre pays.  On connaît le Vietnam pour la guerre interminable que les américains y ont livrée et qu&#8217;ils ont perdue (1973) ou pour la guerre d&#8217;Indochine que les français avaient également perdue (1954) après de nombreuses années d&#8217;occupation.  À l&#8217;arrivée à Hanoi l&#8217;étonnement est grand.  Pour un pays communiste, nous ne voyons pas beaucoup de militaires à l&#8217;aéroport si ce n&#8217;est l&#8217;immigration et la sécurité d&#8217;usage dans un aéroport.  Cela est d&#8217;autant plus apprécié que le vol est long:  Toronto-Séoul exige 13 heures avec Korean Air et celui de Séoul-Hanoi requiert un peu plus de 4 heures, sans compter les 5 heures d&#8217;attente à l&#8217;aéroport de Séoul.  Inutile de dire que l&#8217;accueil des représentants de notre agence a été grandement apprécié.  Notre arrivée à l&#8217;hôtel de charme de luxe, choisie dans la vieille ville, se déroule sans problème.  Notre agence a tout réglé.  Le représentant viendra demain matin pour le règlement du solde final.  Cette délicatesse est appréciée.  La chambre est grande et confortable.  À 22:30, après plus de 24 heures de déplacement et malgré la qualité exceptionnelle du service  et le confort de la compagnie aérienne, notre seul souhait est le sommeil&#8230; Pour une ville où l&#8217;on nous avait averties d&#8217;un bruit continuel, c&#8217;est le silence complet dans notre chambre.</p>
<p><strong>Un peu d&#8217;histoire</strong></p>
<p>Il y a 90 millions d&#8217;habitants au Vietnam, réparties en 56 ethnies.  &laquo;&nbsp;Viet&nbsp;&raquo; est la prononciation vietnamienne du caractère chinois &laquo;&nbsp;Yue&nbsp;&raquo; qui veut dire &laquo;&nbsp;au-delà&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;passer par&nbsp;&raquo;  ou &laquo;&nbsp;traverser&nbsp;&raquo;. La seconde partie, &laquo;&nbsp;nam&nbsp;&raquo; signifie sud.  &laquo;&nbsp;Vietnam&nbsp;&raquo; se réfère au &laquo;&nbsp;Viet&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;du Sud&nbsp;&raquo;.  Les Viets (ou Kinh ) venaient donc du sud du Yanzi et constituaient la principale ethnie au moment de la formation du Vietnam au XIXème siècle.  À cause du rôle important de cette péninsule sur le commerce et les migrations entre la Chine et l&#8217;Inde, le géographe danois Konrad Malte-Brun (1775-1826)  lui donna le nom d&#8217;Indochine.  En fait, c&#8217;est en 1862 que la colonie de Cochinchine est créée et que le Cambodge passe sous protectorat français.  L&#8217;Union indochinoise est construite à partir de 1887 et constitue un &laquo;&nbsp;puzzle&nbsp;&raquo; administratif d&#8217;une colonie comprenant la Cochinchine et quatre protectorats à savoir, le Cambodge, le Laos, Annam et le Tonkin.</p>
<p>La situation géographique stratégique de ce pays a fait l&#8217;envie de bien des conquérants.  Les plus envahissants venaient du nord, à savoir de la Chine.  D&#8217;autres sont venus  d&#8217;Indonésie pour s&#8217;établir dans le sud de la péninsule.  Au centre du pays, plusieurs chefs féodaux réussirent à établir des royaumes dont plusieurs ont eu pour capitale Hué.  Au fil des siècles, plusieurs dynasties ont tenté de chasser tour à tour l&#8217;envahisseur chinois.  Ce n&#8217;est qu&#8217;au 10ème siècle de notre ère que le Vietnam y réussit.  Entre le 10ème et le 18ème, différents empereurs se succédèrent ou se partagèrent le pouvoir.  Le &laquo;&nbsp;confucianisme&nbsp;&raquo; hérité de l&#8217;envahisseur chinois a laissé un héritage dans ce pays.  Cette philosophie privilégie l&#8217;éducation et avait donné naissance à une classe de mandarins hautement qualifiés.  Les mandarins formés à cette école, ont détenu l&#8217;autorité du pouvoir durant des siècles.  Même si des missionnaires chrétiens ont foulé le sol vietnamien à différents moments de son histoire, les demandes des puissances coloniales pour ouvrir un comptoir de commerce ont toujours été rejetées.  Alors que l&#8217;Angleterre jouissait des bénéfices de sa colonisation en Inde, les Français ne réussissaient pas à s&#8217;établir sur les côtes du Vietnam.  La crainte d&#8217;un autre envahisseur empêchait les mandarins de la cour, d&#8217;octroyer des autorisations de commerce aux français, désireux de profiter eux aussi de l&#8217;Orient.</p>
<p>Il faut se rappeler que l&#8217;Orient était un objectif commercial important pour les puissances européennes durant la période d&#8217;expansion coloniale.  Les Anglais avaient établi leurs assises en Inde et avait déclenché la guerre de l&#8217;opium avec les chinois (1839-1842 et 1856-1860) pour asseoir leur pouvoir.  Les Français de leur côté, cherchaient un source d&#8217;enrichissement et avaient jeté leur dévolu sur la péninsule vietnamienne, sans succès.  Toutefois, en 1843 puis en 1847, une politique vietnamienne de persécution des chrétiens fournit le prétexte à une intervention française au Vietnam, afin de libérer des missionnaires.  Pourtant, ce n&#8217;est qu&#8217;en 1861 que la victoire française ouvrit à la France, un accès et une  présence au sud Vietnam.  Cette présence était devenue une tutelle à compter de 1857 et devait durer près d&#8217;un siècle.  Ce fut alors le début d&#8217;une guérilla qui n&#8217;allait jamais s&#8217;éteindre vraiment.   Elle se poursuivit après l&#8217;indépendance du nord (1945) et ensuite, malgré le soutien (1955) et l&#8217;arrivée (1963) des américains dans le sud, jusqu&#8217;à la victoire finale vietnamienne en 1975.  À partir de cette date, le pays se ferme et vit de manière rigoureusement communiste.  En 1985, le gouvernement s&#8217;ouvre un peu à l&#8217;économie de marché pour refermer aussitôt, de sorte que des investisseurs étrangers coréens en veulent encore au gouvernement vietnamien.  On a ouvert à nouveau en 1999, pour refermer un peu plus tard.  On ouvre davantage en 2011 et actuellement,  on cherche des investisseurs étrangers et des touristes de manière plus agressive.  On permet même aux Vietnamiens la double nationalité jusqu&#8217;en 2014.</p>
<p><strong>Un peu de géographie</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Le Vietnam s&#8217;étend sur 1650 km du nord au sud  et ne dépasse pas 600 km en son point le plus large.  Les trois quarts du pays sont occupés pas des montagnes, à l&#8217;est et à l&#8217;ouest, au centre, des forêts et. un littoral maritime sur 2 500 km.  C&#8217;est intéressant de savoir que le mot &laquo;&nbsp;patrie&nbsp;&raquo; se dit en Vietnamien: eau et montagne.  Ce pays partage une frontière de 1150 km avec la Chine au nord,  750 km avec le Laos et 930 km avec le Cambodge l&#8217;ouest.  Il se partage en trois régions:  le Tonkin dans le nord, essentiellement montagneux, l&#8217;Annam au centre, formé de plaines coincées entre la mer de Chine et les hauts plateaux de deux chaînes de montagnes, et l&#8217;ancienne Cochinchine au sud (ancienne colonie française).  En plus de la mer de Chine, que l&#8217;on préfère nommée mer &laquo;&nbsp;méridionale&nbsp;&raquo; au Vietnam, ce pays est parcouru de fleuves importants.  Les principaux sont le fleuve Rouge, qui prend sa source dans la province chinoise du Yunnan et le Mékong, dans les faits, le troisième cours d&#8217;eau d&#8217;Asie (après le fleuve Bleu chinois et le Gange indien).</p>
<p><strong>Hanoi</strong></p>
<p>Hanoi est la capitale du Vietnam depuis l&#8217;occupation française.  Malgré les nombreux bombardements dont la ville fit les frais, l&#8217;héritage français est encore présent par un petit quartier français où trône le superbe édifice de l&#8217;opéra, inspiré de celui de Paris.  La résilience du peuple vietnamien nous frappe dans notre découverte de Hanoi.  Le sourire des gens, leur accueil, la beauté des femmes et le regard insaisissable des hommes nous font réfléchir à la réaction de ces jeunes militaires américains de 18 ans à peine, qui débarquaient dans ce pays en 1963.  En tant que nord-américain il est impossible de ne pas y penser à chaque coin de rue de la vieille ville de Hanoi.  Pour moi, dont un beau-frère et un cousin ont fait partie de ces &laquo;&nbsp;marines&nbsp;&raquo; et qui en sont revenus heureusement avec tous leurs morceaux, c&#8217;est une pensée constante presque obsédante.</p>
<p>Le premier jour de notre visite il fait doux (23C), c&#8217;est nuageux.  C&#8217;est samedi.  On se lève tôt au Vietnam, sans doute à cause de la chaleur, mais pas uniquement.  Il est fréquent d&#8217;avoir 2 sinon 3 emplois dans ce pays.  Ce peuple vit au rythme du 21ème siècle.  Les besoins sont grands pour une population dont plus de 60% a moins de 25 ans.  Hanoi est une ville propre.  Nous nous attendions à des vélos en quantité.  Nous avons eu droit à des motos et scooters en très grand nombre.  Seuls les écoliers se déplacent en vélo aujourd&#8217;hui ici.  Les Hanoïens  sont vaillants, ambitieux, talentueux, pressés et déterminés à réussir.  Les jeunes, et il y en a beaucoup, sont vêtus à l&#8217;occidentale et portent les grandes marques dont plusieurs ont des usines sur place, à cause du faible coût de la main d&#8217;oeuvre.  Les femmes en motos portent des gants longs, souvent couleur chair, et un foulard sur le visage, attaché à leur casque de moto (obligatoire) pour se protéger du soleil et de la poussière.  La couleur de la peau est importante ici.   Plus on est blanc, plus on est fier.  Les peaux foncées représentent une ascendance ethnique minoritaire qui ne semble pas valorisée.  Comme nous sommes samedi, nous ne voyons pas beaucoup d&#8217;écolières en costume national, appelé Ao Dai (prononcer Ao Sai).  Ce costume est plus fréquemment porté par le personnel au service des touristes et par les écolières.  Par contre, nous croisons beaucoup de couples de jeunes mariés faisant des photos ça et là, devant les temples, les pagodes ou dans les parcs.  Ils sont tous vêtus à l&#8217;occidentale.  Le mariage est une grande industrie ici, à en juger par les nombreux magasins affichant des tenues de mariage.  Le mois de novembre ouvre la saison des mariages.  Ça se voit partout.</p>
<p>Nous partons visiter à pied avec notre jeune guide de 31 ans, du nom de Nam.  Il nous accompagnera dans tout notre périple pour plus d&#8217;une semaine.  D&#8217;abord nous marchons dans la vieille ville comprenant le &laquo;&nbsp;quartier des 36 guildes&nbsp;&raquo;.  Chaque rue rappelle le passé artisanal de Hanoi.  Nous traversons la rue de la soie tout près de notre hôtel, puis celle des forgerons, des cordonniers, du papier, etc&#8230;  La rue de la contrebande est particulière car on y vend de faux billets destinés à être brûlés lors des cérémonies bouddhistes.  Bien que le taoïsme et le confucianisme soient pratiqués au Vietnam, le bouddhisme est la philosophie religieuse de la grande majorité des Vietnamiens.  Plusieurs temples et pagodes ont d&#8217;ailleurs été reconstruits depuis la fin de la guerre quand le gouvernement s&#8217;est rendu compte de l&#8217;intérêt touristique de ces temples.  Notre promenade nous conduit aussi à la visite de notre première maison vietnamienne.</p>
<p>La maison vietnamienne typique (appelée aussi maison-tube) compte une façade étroite n&#8217;excédant pas 4 mètres.  Les taxes municipales sont responsables de cette étroitesse, car leur calcul est basé sur la largeur du bâtiment et non sa superficie.  Par contre, la maison est très profonde (jusqu&#8217;à 60 m) et possède une cour intérieure ouverte, laquelle sépare les différentes parties de la maison: en avant le salon et derrière la cuisine.  La maison possède deux ou trois étages que l&#8217;on rejoint par des escaliers comptant un nombre impair de marches.  Les nombres pairs sont réservés aux morts.  Souvent le nombre de marches est un multiple de trois, ce chiffre étant un chiffre chanceux.  Également, il y a toujours un autel dans la maison vietnamienne, généralement dans la première partie à l&#8217;entrée de la maison.  Cette autel sert au culte des ancêtres.  Il regroupe la triade domestique composée des génies du Foyer, du Sol et de la déesse Terre.  On y place des offrandes pour honorer les derniers  membres de la famille décédés et on y brûle de l&#8217;encens à différentes occasions.  Ce culte des ancêtres est très important dans la culture vietnamienne.  Certains animaux sont aussi assimilés à des divinités et sont vénérés pour leur pouvoir surnaturel.  Les cinq  principaux sont le dragon symbolisant le principe masculin (yang), la vertu et la prospérité, le phénix représentant le principe féminin (ying), la grâce et l&#8217;immortalité, la tortue, signe de longévité et enfin la licorne, signe de bonheur.  Cet héritage animiste découle des anciennes croyances autochtones très présentes dans ce pays d&#8217;eau et de montagnes.</p>
<p>Hanoi est une belle ville.  Nous la découvrons avec Nam, qui y habite depuis plusieurs années bien qu&#8217;il n&#8217;y soit pas né.  Il y a fait ses études comme les nombreux jeunes d&#8217;ici.  Notre quartier se situe à proximité du Lac Hoan Kiem.  C&#8217;est une sorte d&#8217;oasis en plein centre ville.  Nous y prendrons notre premier repas du midi dans un joli restaurant au bord de l&#8217;eau.  Notre guide est un peu difficile à comprendre car nous ne sommes pas encore habituées à son accent.  Lui non plus d&#8217;ailleurs n&#8217;est pas habitué au nôtre, bien qu&#8217;il ait travaillé déjà pour des Québécois.   Le Québec est bien apprécié ici.  Nam nous sert à la fois de guide et d&#8217;interprète.  Il nous guide dans les choix de plats à goûter.  Il nous entraîne à traverser les rues de Hanoi généralement à deux sens et comptant souvent plusieurs voies.  Il y a bien des passages pour piétons, mais on ne semble pas en tenir compte.  Il faut donc adopter le rythme des Hanoïens et suivre le même pas que le ballet de motos, avec fermeté mais douceur!</p>
<p>Une promenade autour du Lac Hoan Kiem (lac de l&#8217;épée restituée) avec les familles, les jeunes vietnamiens et les touristes de tous les âges nous permet de digérer doucement ce premier repas totalement vietnamien.  La légende de ce plan d&#8217;eau veut que le Ciel ait donné à l&#8217;empereur Le Thai To (connu sous le nom de Le Loi) au 15ème siècle, une épée magique qu&#8217;il aurait utilisée pour chasser les Chinois du Vietnam.  Une fois la paix revenue, une tortue d&#8217;or géante serait sortie de l&#8217;eau pour s&#8217;emparer de l&#8217;épée, alors que &laquo;&nbsp;Le Loi&nbsp;&raquo; se promenait sur le lac.  En disparaissant dans les profondeurs du lac, la tortue aurait rendu l&#8217;épée à ses propriétaires divins, d&#8217;où le nom du &laquo;&nbsp;Lac de l&#8217;épée restituée&nbsp;&raquo;.  &laquo;&nbsp;Le Loi&nbsp;&raquo; est un héros célèbre pour son courage et sa générosité.  C&#8217;est lui qui amorça un mouvement de résistance contre les chinois en 1418.  Ce &laquo;&nbsp;prince de la Pacification&nbsp;&raquo; réussit à rallier à sa cause la majorité des aristocrates et des administrateurs vietnamiens.  Il isola les garnisons chinoises par des opérations de guérillas initiant sans doute la manière de gagner les guerres au Vietnam.  &laquo;&nbsp;Le Loi&nbsp;&raquo; monta sur le trône sous le nom de &laquo;&nbsp;Le Thai To&nbsp;&raquo; et rebaptisa le pays &laquo;&nbsp;Dai Viet&nbsp;&raquo; tout en entreprenant l&#8217;énorme tâche de reconstruction.  La dynastie des &laquo;&nbsp;Le postérieur&nbsp;&raquo; était née.</p>
<p>Après cette balade autour du lac, une promenade touristique en cyclo-pousse nous conduira à travers quelques autres rues de la vieille ville pour se terminer au théâtre des marionnettes sur l&#8217;eau.  Les Vietnamiens sont très friands des marionnettes sur l&#8217;eau qui racontent leur vie quotidienne ainsi que des histoires et des légendes locales, le tout avec une musique typique jouée sur place.  C&#8217;est très amusant et très beau.  Une chance que nous avons eu l&#8217;idée de prendre le programme à l&#8217;entrée (gratuit d&#8217;ailleurs) car nous n&#8217;aurions pas pu suivre ces jolies histoires de dragons, poissons, batailles, etc&#8230;  Rares sont les touristes qui semblent le prendre et pourtant il est disponible en plusieurs langues.</p>
<p>En fin de journée, fatiguées mais satisfaites de cette première visite, nous rentrons à la &laquo;&nbsp;Maison&nbsp;&raquo; (c&#8217;est le nom de notre hôtel).  Ce sera la première expérience des bienfaits du massage vietnamien.  Ce rite, sans doute différent pour les hommes et les femmes, est fort apprécié et peu coûteux au Vietnam.  Cette habitude asiatique nous remet à neuf en 60 à 90 minutes.  C&#8217;est une fin de journée superbe!  Nous dînerons à l&#8217;hôtel et tenterons de mettre à profit nos premières connaissances culinaires vietnamiennes avec une belle découverte du vin de Dalat, une région reconnue pour son climat agréable.  Nous allons adopter ce vin blanc pour notre séjour.</p>
<p>C&#8217;est dimanche, nous sommes en forme et prêtes pour la découverte du père du Vietnam moderne: l&#8217;oncle Ho.  C&#8217;est ainsi que l&#8217;on se réfère à Ho Chi Minh au Vietnam.  Fils d&#8217;un mandarin déchu durant la tutelle française, il est venu au monde dans le bouleversement des règles et de l&#8217;ordre confucéen en 1890, au sein d&#8217;une famille de petits fonctionnaires annamites.  Élevé dans un petit village jusqu&#8217;à l&#8217;âge de cinq ans, il vécut ensuite à l&#8217;ombre de Hué, la cité impériale.  On dit qu&#8217;il grandit dans une &laquo;&nbsp;modeste aisance&nbsp;&raquo;.  Après avoir été refusé à l&#8217;école coloniale en France, il entreprit son apprentissage de la vie qui le conduisit de l&#8217;Europe aux États-Unis en passant par la Russie et la Chine.  Il fit tous les métiers et se trouva au coeur des enjeux de son époque: communisme, colonialisme, révolution etc&#8230;   Après plusieurs luttes et essais sur l&#8217;anticolonialisme, il prend le nom de Ho Chi Minh, signifiant &laquo;&nbsp;Ho à la Volonté Éclairée&nbsp;&raquo; en 1942.  C&#8217;est à partir de ce moment qu&#8217;il s&#8217;engage activement dans la reconquête de l&#8217;indépendance du Vietnam.  Ce partisan du &laquo;&nbsp;communisme pragmatique&nbsp;&raquo; ne verra pas la libération ni la réunification de son pays, car il meurt en 1969 au tout début des négociations pour la paix.  L&#8217;histoire veut que son décès ne fut pas annoncé tout de suite, de peur de nuire aux négociations.  De plus, on n&#8217;aurait pas respecté ses dernières volontés à l&#8217;effet qu&#8217;il soit enterré modestement et que l&#8217;on dépense l&#8217;argent pour aider le peuple.  Son testament n&#8217;a pas été respecté entièrement car il était contre l&#8217;érection d&#8217;un mausolée à sa mémoire.</p>
<p>Nous devions visiter le mausolée d&#8217;Ho Chi Minh, sa maison sur pilotis (reconstruite évidemment) et le palais présidentiel.  Mais le site est fermé.  Aucune raison n&#8217;est fournie mais visiblement il y a visite de dignitaires.  En ce pays, nous ne discutons pas avec les autorités.  Notre guide est malheureux mais nous convenons de modifier le programme de la journée.  Au Vietnam, c&#8217;est le programme qui fait foi de tout!  Si c&#8217;est dans le programme, on le fait, sinon, impossible sauf si on paie un surplus.  Heureusement, comme notre programme a été établi par nos soins, après deux ou trois mois de travail avec l&#8217;agence et notre documentation, nous pouvons nous ajuster sans trop de contrariétés.  Nous ferons donc la visite de la pagode au pilier unique.  La pagode est le lieu de culte des disciples de Confucius.  Le temple est celui des bouddhistes.  Une nuance qui nous servira à mieux comprendre les différentes facettes de la culture vietnamienne.</p>
<p>La visite du &laquo;&nbsp;Temple de la littérature&nbsp;&raquo; suivra.   Dans les faits, il s&#8217;agit de la première université vietnamienne.  On y trouve  la &laquo;&nbsp;pagode aux Corbeaux&nbsp;&raquo; nommée ainsi par les français et consacrée à honorer Confucius.  Ce havre regroupe un ensemble des bâtiments qui semblent venir d&#8217;un autre âge.  Il remonte au 10ème siècle et fut à l&#8217;origine de la formation d&#8217;une bureaucratie sur le modèle chinois.  Cet ensemble symbolise la démarche de recherches de connaissances par l&#8217;étude, l&#8217;éducation et la justice.  C&#8217;est la base du confucianisme.  Pour un pays communiste, il est étonnant d&#8217;apprendre que l&#8217;éducation n&#8217;est ni obligatoire, ni gratuite au Vietnam, sauf pour les premières années du primaire.  C&#8217;est aussi le cas pour les soins de santé.</p>
<p>Curieusement il flotte deux drapeaux à l&#8217;entrée du complexe.  Il s&#8217;agit du drapeau national et celui des cérémonies.  Celui des cérémonies reprend les couleurs du drapeau national mais ajoute une grue en son milieu.  La grue est l&#8217;oiseau national du Vietnam.  Après le repas dans un superbe restaurant, où nous avons goûté plus audacieusement, à des spécialités vietnamiennes dans un décor colonial, nous continuons notre découverte de cette ville intéressante.  Généralement les Vietnamiens mangent sur la rue où foisonnent des petits restaurants de famille, avec des bancs et des chaises qui, pour les occidentaux s&#8217;apparentent à du mobilier pour enfants. Ces petits restaurants indépendants acceptent le &laquo;&nbsp;dông&nbsp;&raquo; (monnaie locale) vietnamien comme le dollar américain ou l&#8217;euro.  Les Vietnamiens sont très entreprenants et apprécient ces deux devises étrangères depuis que le pays s&#8217;est ouvert à l&#8217;économie de marché en 1985.  Le reste de la journée nous permet de visiter le musée d&#8217;ethnographie du Vietnam, de mieux comprendre l&#8217;histoire de ces 56 ethnies qui l&#8217;habitent et, d&#8217;en apprendre un peu plus sur le mode de vie de la principale ethnie, Kinh, ayant donné son nom (Viet) au pays.  Le musée des beaux arts nous fait découvrir des peintres de talent par une exposition magnifique en cours ce jour-là.  Enfin, le musée des femmes est une révélation, en particulier, l&#8217;étage consacré au rôle des femmes dans les nombreuses guerres de ce pays.  C&#8217;est une visite qui nous a marquées et qui pourtant n&#8217;était pas au programme.  Elle fut passionnante.  Ce fut notre compensation pour avoir raté le mausolée d&#8217;Ho Chi Minh.</p>
<p>Le lendemain, notre visite se poursuit vers les nouveaux quartiers de Hanoi.  Avant d&#8217;y parvenir nous passons à travers un quartier où habite notre guide.  Il s&#8217;y trouve un petit lac intérieur au centre duquel émergent le nez et les restes d&#8217;un avion B-52 (américain).  Hanoi a fait l&#8217;objet de bombardements sans arrêt durant 15 jours en 1972 et ce vestige demeure la fierté des Hanoïens qui l&#8217;ont abattu.  On y trouve un mémorial en l&#8217;honneur des nombreux morts durant cette rafle.  Le pilote a été fait prisonnier dans la prison de Hanoi érigée au temps des français.  Les soldats américains l&#8217;avaient d&#8217;ailleurs surnommée le &laquo;&nbsp;Hanoi Hilton&nbsp;&raquo;.  Érigée sous les ordres du Maréchal Pétain en 1896, cette prison est aujourd&#8217;hui un musée où plusieurs américains viennent en pèlerinage.  Elle constitue une visite émouvante, surtout centrée sur la période de l&#8217;invasion américaine, avec quelques vestiges de l&#8217;époque violente de la colonisation française.</p>
<p>Nous nous baladons aussi sur les rives du lac de l&#8217;ouest, nous visitons ses pagode et passons le long du Lac Truc Bach, ou lac de la &laquo;&nbsp;soie Blanche&nbsp;&raquo;.  Ces deux plans d&#8217;eau découlent du fleuve Rouge.  Le lac de la soie blanche évoque la mélancolie des concubines royales délaissées, qui passaient leurs journées cloîtrées dans les palais environnants, à filer et à tisser de la soie pour les princesses.  C&#8217;est dans le lac de la soie blanche que l&#8217;avion B-52 de John McCain (candidat présidentiel américain républicain battu par Barak Obama) a été abattu en 1992.  Il a ensuite été fait prisonnier au &laquo;&nbsp;Hanoi Hilton&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En arrivant dans le quartier du lac de l&#8217;ouest, on constate sa richesse et son occidentalisation.   À proximité de l&#8217;une des nombreuses universités de Hanoi, ce quartier abrite des hôtels modernes et de luxe dont certains empiètent effrontément sur les berges du lac.  Depuis les nombreuses ouvertures à l&#8217;économie de marché en particulier depuis 2002 ce quartier subit des transformations impressionnantes à un point tel que des villages disparaissent en 24 heures!  Ce fut le cas du village des fleurs à notre programme, mais qui n&#8217;était plus qu&#8217;un quadrilatère de barrières de construction pour un nouveau gratte-ciel au moment de notre arrivée!</p>
<p><strong>En route vers le haut Tonkin et Dien Bien Phu</strong></p>
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<p>Après ces quelques jours d&#8217;adaptation dans la belle capitale du Vietnam, nous entamons notre voyage en voiture qui nous conduira à travers tout le pays.  Notre voiture est toute neuve, le chauffeur en ayant pris livraison il y a trois jours.  Une belle Innova de Toyota.  Le chauffeur du nom de Hai, conduit de manière impeccable et très confortable.  À sa conduite nous concluons qu&#8217;il doit avoir une expérience avec les autocars car sa conduite est d&#8217;une constance impeccable.  En route, on apprend que les plaques d&#8217;immatriculation de couleur bleue appartiennent à des fonctionnaires ou à la police, alors que celle de couleur rouge reviennent aux militaires.   Le service militaire est de 2 ans et obligatoire à 18 ans, pour ceux qui ne sont pas à l&#8217;université.  Tous les autres véhicules ont des plaques blanches.  Depuis l&#8217;ouverture au marché (le Doi Moi), les vietnamiens peuvent posséder leur commerce et dans ce cas, leur voiture, ce qui est le cas de notre chauffeur.  Il est travailleur indépendant et fier de l&#8217;être, tout comme notre guide, bien qu&#8217;il soit plus âgé de 15 ou 20 ans.  Dans les villages comme dans les quartiers des villes, on remarque  toujours une maison du Comité populaire.  C&#8217;est une sorte de préfecture où les habitants sont tenus de s&#8217;enregistrer en arrivant et d&#8217;aviser s&#8217;ils déménagent.  C&#8217;est un contrôle des déplacements par le Gouvernement.  D&#8217;ailleurs, les étrangers doivent faire de même à l&#8217;arrivée à l&#8217;hôtel où l&#8217;enregistrement requiert le passeport et le visa, souvent détenus jusqu&#8217;au départ de l&#8217;hôtel.  Cela rappelle les séjours en Europe dans les années soixante!</p>
<p>En quittant Hanoi nous nous dirigeons vers Mai Chau et les premiers villages autochtones, appelés ici &laquo;&nbsp;ethnies&nbsp;&raquo;.  En route, un arrêt et une ballade en bateau, ou plutôt en vieux rafiot, sont au programme sur le réservoir du premier grand barrage hydroélectrique du Vietnam sur la rivière (song) Noire (Da) à Hoa Binh.  Il fut construit en 1979 avec l&#8217;aide financière et technique des Russes.  Ce sont les français qui ont construit les premiers petits barrages hydroélectriques du Vietnam, permettant l&#8217;électrification graduelle du pays.  On construit aujourd&#8217;hui des barrages de très grande capacité à travers ce pays de montagnes, assurant ainsi la fourniture d&#8217;électricité pour l&#8217;industrialisation, tout en régularisant le niveau des crues.  Notre courte &laquo;&nbsp;croisière&nbsp;&raquo; nous permet d&#8217;observer les villages des &laquo;&nbsp;Muongs&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Daos Tien&nbsp;&raquo; disséminés sur les collines environnantes.  Sur le réservoir se trouve beaucoup de carrés de filets visiblement pour la pisciculture.  En route, on remarque le travail des femmes sur les chantiers routiers.  Cela confirme tout ce que nous avons découvert en visitant le musée des femmes de Hanoi&#8230;.  Des panneaux de propagande, en quantité, sont aussi dispersés le long des routes comme dans les villages.  Le long de la route, il est fréquent de voir le riz déposé par terre pour sécher à l&#8217;air, souvent devant les maisons.  C&#8217;est une région fertile avec des rizières magnifiques.  Comme c&#8217;est l&#8217;automne il s&#8217;agit de la deuxième cueillette de riz.  Il est coupé à la serpe, enroulé en paquet puis, séparé à la machine, assez rudimentaire, pour en tirer le grain.  Le résidu de foin est ensuite brûlé sur place, ou servira de combustible.  Le riz est ensuite séché en carré devant la maison ou le long de la route.  Encore aujourd&#8217;hui, 80% des Vietnamiens vivent de l&#8217;agriculture.   Après la cueillette du riz, la terre est retournée avec l&#8217;aide d&#8217;un buffle, afin d&#8217;être asséchée.  Elle sera irriguée de nouveau pour la prochaine semence et une récolte est prévue au printemps généralement en avril.  En 1990, dans le cadre de &laquo;&nbsp;l&#8217;ouverture&nbsp;&raquo; le gouvernement a donné aux populations locales les rizières selon le nombre des membres de la famille.  À la suite de cette privatisation, la production de riz aurait quintuplé!</p>
<p>L&#8217;arrivée à Mai Chau dans un superbe hôtel de charme de 16 chambres, sur le bord des rizières est très agréable.  Le vin de riz local et un thé à la cannelle nous accueillent pendant que le guide procède à la logistique de l&#8217;inscription à l&#8217;hôtel.  Après un petit repos. Ce sera la visite à pied du village des &laquo;&nbsp;Thaïs blancs&nbsp;&raquo; à proximité.  Une baignade à la piscine pour Lucie est suivie d&#8217;un agréable repas dans le superbe restaurant de l&#8217;hôtel, avant d&#8217;assister en soirée à un charmant spectacle folklorique.  Il nous semble évident que notre guide apprécie ces très jolies danseuses, d&#8217;une élégance séduisante dans leurs très beaux costumes ethniques&#8230;. Il faut raconter ici l&#8217;anecdote du souper.  Après avoir mangé un élégant souper vietnamien, nous signons la facture pour porter la charge à notre chambre et laissons un bon pourboire en liquide.  Cette pratique nous assure que la récompense va aux serveurs et non au propriétaire de l&#8217;hôtel.  Ce pourboire représentait environ 15 % de la facture du repas.  Le lendemain matin, la jeune serveuse de la veille s&#8217;approche délicatement de notre table pendant notre petit déjeuner et, dans un anglais rudimentaire mais clair, nous fait comprendre avec un superbe sourire, facture et argent liquide à la main, que nous n&#8217;avons pas laissé suffisamment d&#8217;argent pour payer le repas, la veille au soir.  En éclatant de rire, nous lui indiquons que cet argent est pour elle et que le repas doit être porté à notre chambre.  Étonnée, mais ravie, elle n&#8217;en finissait pas de nous remercier.  Nous avons réalisé que rares étaient les touristes qui laissaient des pourboires, probablement parce qu&#8217;ils font tous partie de voyage de groupes où tout est inclus dans le prix du forfait.  Cela nous a été confirmé par la suite.  Il faut dire que notre manière de voyager nous assure toujours d&#8217;un service généreux et sympathique&#8230; sans parler de la qualité&#8230;</p>
<p>Dans notre découverte du Haut Tonkin en route vers Son La et Dien Bien Phu,  nous avons le plaisir de marcher dans un champ de thé au jasmin en fleur.  Le thé est un important produit d&#8217;exportation du Vietnam.  Ce champ est administré par l&#8217;État et la  femme qui y fait la cueillette et la coupe est très sympathique. Elle nous offre des feuilles et des fleurs blanches magnifiques.  Nous découvrons vraiment le pays de montagnes et d&#8217;eau qu&#8217;est le Vietnam.  Cette région montagneuse et difficile, est peu visitée par les touristes à cause de l&#8217;état des routes.  Cela changera sans doute dans un avenir rapproché puisqu&#8217;on y construit plusieurs barrages hydroélectriques.  Après l&#8217;ouvrage de Hoa Binh, construit en 1979, deux autres barrages vont inonder la vallée de la rivière Noire (song Da).  Celui de Son La sera le plus important d&#8217;Asie du sud-est et produira 10% de l&#8217;électricité du pays.  On y a déplacé 91 000 personnes, presque exclusivement des minorités ethniques.  Quand nous sommes passées, le réservoir était en voie de remplissage et la mise en service se fera probablement en 2012.  Les conditions des travailleurs et des ingénieurs à qui nous avons parlé, en attente de notre droit de passage, nous ont semblé précaires mais tout le monde avait l&#8217;air heureux d&#8217;y travailler.  La construction cause de nombreux retards aux différents véhicules, dont le passage est restreint par la nature même des travaux en cours.  Après un arrêt d&#8217;environ 30 minutes, et quelques causeries avec d&#8217;autres voyageurs de la région, nous apprenons qu&#8217;un autre barrage à Lai Chau, en amont de celui de Son La, est également en construction.  Nous continuons notre route dans certaines conditions assez difficiles pour le chauffeur, à tel point que nous nous demandons si nous réussirons à nous rendre à destination!</p>
<p>Heureusement tous les obstacles ont été vaincus grâce à un chauffeur très doué et nous arrivons à Son La, où un hôtel, propriété du syndicat du parti communiste nous attend.  L&#8217;horreur!  Un édifice carré, blanc, vieux, austère et aéré de partout avec des lumières de néon!  Même après avoir changé de chambre, nous ne sommes pas très heureuses.  Notre guide est au désespoir et fait de son mieux.  Prenant notre mal en patience et surtout très fatiguées du voyage, et sachant que ce n&#8217;est que pour un soir on fera contre mauvaise fortune bon coeur&#8230;  La télé a un écran plasma et il y a beaucoup de chaînes russes, sans doute à cause de leur participation aux projets hydroélectriques!  L&#8217;agence nous avait averties que les installations touristiques étaient difficiles sur cette route très peu parcourue par les touristes.  Ils avaient d&#8217;ailleurs fait tous les efforts pour nous décourager de suivre cette voie.  En fait , nous avons fait connaissance de quatre français qui suivaient un tracé semblable au nôtre et on a bien rigolé!  On se console comme on peut!  Nous ne verrons pas beaucoup de cette ville militaire plutôt terne.  De toute façon, il n&#8217;y a que la prison à voir à Son La.  Elle est intéressante parce qu&#8217;elle remonte au régime français (1908).   Cela nous permet d&#8217;en apprendre un peu plus sur cette période&#8230; De ce court séjour, nous retenons précisément que les Vietnamiens mangent du chien.  Mais il faut toujours manger le chien après le 15ème jour lunaire sinon c&#8217;est malchanceux!  Nous sommes donc dans la bonne période.  Ce soir-là, nous ne posons pas de questions sur la nourriture que l&#8217;on a consommée, au grand amusement de notre guide&#8230;.</p>
<p>On quitte le lendemain avec un &laquo;&nbsp;Good morning Vietnam&nbsp;&raquo;  plein d&#8217;espoir et un &laquo;&nbsp;Goodbye Son la&nbsp;&raquo; au plus vite, en route vers Dien bien Phu, le but de ce périple.  Cette ville où les français ont perdu l&#8217;Indochine en 57 jours!  C&#8217;est une ville dont les Vietnamiens sont très fiers.  Le site de la célèbre bataille de &laquo;&nbsp;Dien Bien Phu&nbsp;&raquo;, a été aménagé avec un musée relatant l&#8217;histoire de cette fameuse bataille ainsi que plusieurs points d&#8217;intérêt et de visites.  Peut-être teintés d&#8217;un peu de propagande, nous étudions l&#8217;histoire et le comportement prétentieux des français face à l&#8217;ennemi.  Cependant, dans les livres d&#8217;histoire français, les commentaires sur cette bataille ne sont pas plus élogieux pour les français (c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire).  La présentation audiovisuelle de ce musée est très intéressante et on ne peut que se demander à quoi les chefs militaires français ont pensé dans le choix de leur stratégie!  C&#8217;est le nombre de soldats et la capacité technique militaire des Viet-minh que le commandement français avait sous-estimés.  Il faut se rappeler qu&#8217;après la deuxième guerre mondiale, les français avaient probablement un peu moins de force militaire, alors que leurs anciennes colonies avaient probablement plus d&#8217;ambition d&#8217;indépendance qu&#8217;avant la grande guerre.  En plus, les nombreuses minorités ethniques dispersées à travers les montagnes, d&#8217;une densité exceptionnellement élevée dans la région, ont participé activement à cette bataille. Elles ont collaboré étroitement aux forces du général Vietnamien, le fameux général Giap, dont on dit qu&#8217;il était un génie militaire.  Ce dernier n&#8217;a pas épargné ni les efforts ni les hommes et ni les femmes pour gagner cette bataille.  Le cimetière de nombreux soldats vietnamiens a été financé par la France et permet de se recueillir sur ces milliers de tombes vietnamiennes.  Cette visite de Dien Bien Phu valait toutes les contrariétés de la route et l&#8217;inconfort des hôtels.  D&#8217;ailleurs l&#8217;hôtel à Dien Bien Phu bien que charmant et situé dans un havre écologique, a été une autre expérience désagréable non pas à cause de l&#8217;hôtel, mais des clients militaires et policiers qui y logeaient en même temps que nous.  Pas moins de 200 hommes en uniformes sont arrivés un peu après nous.  La responsable du service des repas nous avait réservé un salon pour le souper, de façon à nous isoler de cette bande de fêtards.  Mais au coucher, nous avons constaté que les murs de ce &laquo;&nbsp;bel hôtel écologique&nbsp;&raquo; était en carton (ou en paille?) et nos voisins de chambre ont causé toute la nuit ce qui nous a empêchées de trouver le sommeil.</p>
<p>En route vers Sapa le lendemain, la route est encore une fois très difficile, bien que nous traversions la ville neuve de Lai Chau. Elle prend la relève de l&#8217;ancienne ville en voie d&#8217;être noyée par le réservoir en construction sur la rivière noire.  Plusieurs &laquo;&nbsp;Thaïs noirs&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;blancs&nbsp;&raquo; sourient sur notre passage en plus des &laquo;&nbsp;Hmongs&nbsp;&raquo;, des &laquo;&nbsp;Ha Nhi&nbsp;&raquo; et des &laquo;&nbsp;Xinh-Mun&nbsp;&raquo;, autant de minorités ethniques qu&#8217;il nous est difficile d&#8217;identifier, mais dont notre guide nous précise les différences vestimentaires.  Cette route perpétuellement en travaux nous dit-on, est inquiétante à cause de la hauteur des montagnes, de la densité des forêts et de la faible densité de population.  Ici, toute la construction de route se fait à la main, les accidents de terrains empêchant les véhicules lourds de s&#8217;y aventurer.  Plus nous avançons vers Sapa, plus nous sentons l&#8217;isolement des montagnes et la beauté grandiose de ces monts fabuleux aux portes du Laos&#8230; Sapa fait partie des 1000 endroits à voir avant de mourir de Patricia Schultz.</p>
<p>Enfin au loin, c&#8217;est le toit du Vietnam, le Phan Si Pan, ce sommet que les plus hasardeux vont marcher.  À 3 143m, c&#8217;est le plus haut sommet du pays. Sapa est un centre touristique remontant au protectorat français.  C&#8217;est un village montagneux à 1 630 m d&#8217;altitude où l&#8217;air est pur et frais.  Les populations, formées d&#8217;ethnies &laquo;&nbsp;Dao rouges&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;Hmongs noirs&nbsp;&raquo;, sont accueillantes et savent faire le commerce de leurs produits.  En sortant de l&#8217;hôtel, ils sont partout, surtout des femmes, souvent avec des bébés sur le dos.  Elles vous suivent et vous offrent leur artisanat.  Elles sont très belles.  Notre guide nous conduit en excursion sur un sentier rocailleux, malgré nos réticences.  Mais c&#8217;est la seule façon de découvrir cette région et ses ethnies.  Durant tout le parcours de 3 à 4 heures, une jeune femme, chargé d&#8217;un bébé, échangeait avec lui et nous donnait des réponses très pertinentes aux nombreuses questions soulevées en passant à travers ces villages isolés.  De la culture de la marijuana (pourtant interdite) à la culture du café, en passant par de multiples cultures en terrasse, sans parler des rizières également en terrasse, nous avons toutes les explications requises.  À la fin de la visite, nous avons acheté ses produits en souvenir et en reconnaissance de sa gentillesse.</p>
<p>Sapa, c&#8217;est l&#8217;endroit pour se procurer des produits North Face.  Il y en a partout.  C&#8217;est là qu&#8217;ils sont le moins chers (selon notre guide).   North Face est un fabricant important au Vietnam.  Sapa c&#8217;est aussi l&#8217;endroit de l&#8217;alcool de riz, qu&#8217;il faut goûter évidemment.  Coeur fragile, s&#8217;abstenir&#8230;. Le marché de Sapa est reconnu et animé en tout temps.  Il reste quelques bâtiments coloniaux du temps où les français avaient établi une station  météorologique dans ce qu&#8217;ils appelaient les &laquo;&nbsp;Alpes&nbsp;&raquo; Tonkinoises.  En novembre, la température y est souvent froide.  Nous avons eu des journées ensoleillées et chaudes (18C) même si le soir la fraîcheur descendait rapidement.  Tous les soirs de notre séjour vers 17 heures, nous faisions un petit feu de foyer dans notre chambre.  Je devrais dire que le jeune de la maison le faisait pour nous.  Notre hôtel familial était tout neuf, en bois blond et stuc blanc, avec dans chaque chambre un véritable foyer.  À Sapa plusieurs hôtels possèdent des foyers dans les chambres, mais rares sont ceux qui sont fonctionnels!  En plus, notre chambre était dotée d&#8217;un joli balcon fleuri donnant sur la vallée.  Au lever du jour c&#8217;était magnifique de voir le soleil graduellement découvrir la vallée en chassant la brume du matin pour dévoiler des pâturages et des cultures en terrasse d&#8217;un beau vert émeraude.  Un paysage plus beau que sur les cartes postales.  On mange bien à Sapa et la vie y est douce&#8230;  Les touristes y sont très nombreux mais à cause de la présence de nombreuses populations ethnies, on ne sent pas l&#8217;oppression touristique car les touristes se fondent dans la population locale.</p>
<p>Après ce court séjour un peu hors du temps, nous reprenons la voiture pour aller à la frontière de la Chine dans la ville frontière de Lao Cai afin de prendre le train pour rentrer sur Hanoi.  La frontière est ouverte et nous voyons plusieurs personnes traversant le pont dans les deux sens.  Cette frontière est ouverte ou fermée, selon les nombreux conflits entre les deux pays.  Les Vietnamiens n&#8217;aiment pas les chinois, mais aiment bien leurs produits, beaucoup moins chers que les produits occidentaux!  La gare de Lao Cai est toujours bondée car la route entre Hanoi et Lao Cai (240 km) est très mauvaise.  Notre chauffeur rentrera donc seul à Hanoi.  Après les routes que nous avons prises dans l&#8217;ouest du Tonkin, nous ne sommes pas trop malheureuses de rentrer par le train.  Pour assurer un minimum de confort, nous avions réservé une cabine-couchette pour 4 personnes, sachant que nous ne serions que deux.  Nous avions aussi acheté un sac de couchage en soie à Hanoi avant de partir (comme le veut la coutume) car la propreté de ce train n&#8217;est jamais garantie.  Mais le voyage s&#8217;est bien passé.   Après un léger repas acheté avant de partir sur les conseils de Nam, nous nous sommes assoupies et nous sommes rentrées à Hanoi à 4 heures du matin un peu chiffonnées.  Heureusement une voiture nous attendait à la gare et notre arrivée à la &laquo;&nbsp;Maison&nbsp;&raquo; nous a permis de reprendre le sommeil perdu&#8230;</p>
<p><strong>Le golfe du Tonkin</strong></p>
<p>Les jours suivants seront réservés à la découverte de la côte est du Tonkin.  Un peu à l&#8217;ouest de Hanoi,  on visite le village reconstitué de Duong Lam, sur le côté nord du delta de la rivière rouge, à proximité duquel se trouve une pagode datant du 15ème siècle.  Ce joli village, nouvellement restauré, accueille des touristes qui peuvent dormir dans les anciennes maisons de bois, s&#8217;y restaurer avec une cuisine familiale excellente et faire quelques achats de foulards de soie absolument superbes et filés par les filles de la maison.  Compte tenu de leur prix, nous en avons fait des provisions comme souvenirs pour nos amies.  Le site de l&#8217;ancienne capitale, Hoa Lo à 80 km au sud de Hanoi, est  très pittoresque.  Ce site fut la capitale d&#8217;un petit royaume féodal successivement dirigé par les dynasties des Dinh (968-981), des Le antérieurs (981-1010) et des Ly (1009-1225) ( Le postérieurs).  On y visite deux temples qui sont en quelque sorte des répliques des anciens sanctuaires à l&#8217;intérieur de l&#8217;ancienne citadelle.  De là, une ballade en barque nous fait découvrir les grottes de Tram Coc, que certains se plaisent à appeler la baie terrestre de Halong.  Ce sont d&#8217;immenses cavernes que l&#8217;on visite à bord d&#8217;une barque plate glissant doucement sur l&#8217;eau.  La flore et la faune de ces rivières sont très riches.  Durant cette promenade en bateau nous traversons une vaste cavité ayant abrité un hôpital militaire Viêt-cong pendant la guerre contre les américains.  On prétend que d&#8217;autres grottes auraient également servi de prison à des pilotes américains capturés.  Des femmes manient efficacement la barre de ces barques avec leurs pieds ou leurs mains.  Au début de notre ballade, tout était calme et paisible avec un petit frisson seulement sur l&#8217;eau claire.  À la fin de notre circuit, un groupe de joyeux lurons Vietnamiens nous a dépassées dans un vacarme de fête.  Heureusement cela n&#8217;a pas duré plus de cinq minutes car c&#8217;était la fête qui les intéressait plus que le décor.  Notre retour sur Hanoi par, ce que les Vietnamiens appellent la &laquo;&nbsp;route de la souffrance&nbsp;&raquo; à cause de son état en perpétuelle construction, nous fait penser aux problèmes de construction de routes du Québec!  Ce retour nous permet d&#8217;apprécier l&#8217;envergure d&#8217;investissement en éducation dans la région.  Ces investissements en éducation universitaire proviennent de plusieurs pays ou de sources privées, car cette région industrielle a besoin d&#8217;une main-d&#8217;oeuvre qualifiée.  Ici, une université financée par l&#8217;État en collaboration avec des gens d&#8217;affaires vietnamiens, et là, une université privée est dédiée à un groupe d&#8217;entreprises spécifiques.  Ce pays se construit, forme des gens et sera bientôt un concurrent international redoutable&#8230;</p>
<p>Le lendemain, c&#8217;est le départ pour la Baie de Halong sur une autoroute moderne que l&#8217;on rejoint par un pont à péage.  Il y aura de la construction sur cette route qui redeviendra une route à deux voies au bout de quelques kilomètres.  Ce sera la première fois que nous verrons des travailleurs de route en pyjama rayé blanc et vert.  Il s&#8217;agit de prisonniers affectés à la construction de route.  La Baie de Halong offre l&#8217;un des paysages les plus somptueux d&#8217;Asie.  Nous y ferons une croisière de 2 nuits.  Cette croisière est une magnifique expérience au coeur de la huitième merveille du monde.  En arrivant, nous sommes étonnées du nombre élevé de jonques de croisières qui attendent au port.  Évidemment la nôtre est la plus belle et certainement l&#8217;une des plus récentes, en bois et cuivre de toute beauté.  Notre chambre est grande et la salle de bain rivalise avec les meilleurs hôtels.  Notre bateau ne compte qu&#8217;une douzaine de chambres.  Au total, nous sommes 19 passagers dont une famille australienne avec deux enfants de 4 et 6 ans, absolument charmants.  L&#8217;atmosphère est sympathique, le personnel est avenant, la guide sur le bateau est pleine d&#8217;humour et parle un excellent anglais.  Les passagers sont aussi intéressés que nous à découvrir cette baie mythique.</p>
<p>Cette baie est un parfait exemple de formation karstique.  Le terme &laquo;&nbsp;karst&nbsp;&raquo; désigne les phénomènes de corrosion du calcaire, en particulier le creusement de grottes et de gorges.  La multitude d&#8217;îles et d&#8217;îlots, près de deux milles, sont traversés de grottes et de tunnels, reliquats de réseaux de galeries beaucoup plus vastes.  Durant notre  courte croisière nous visitons plusieurs grottes au fil de l&#8217;eau ou en montagne, sur des îles plus ou moins  grandes.  Des ballades en kayak de mer nous ont permis de voir des coins difficilement accessibles autrement.  On y a croisé des sampans et des jonques qui glissent silencieusement sur ces eaux vertes transparentes et laissent une impression d&#8217;irréalité.  La plus spectaculaire des grottes a été baptisée la grotte &laquo;&nbsp;des merveilles&nbsp;&raquo; par les français.  Elle renferme d&#8217;innombrables stalactites et stalagmites prenant différentes formes dont les plus impressionnantes sont le phénix, le lion et un Bouddha!  Certaines de ces îles affichent même des autels où des offrandes sont faites avant la pêche par des pêcheurs locaux.  Les îles ont des plages magnifiques dont on peut profiter agréablement.  Lucie a trouvé l&#8217;eau de la Baie de Halong bien agréable!  En haute saison, je ne suis pas certaine que la croisière aurait été si douce!  Mais la saison touristique ne fait que commencer et cela nous permet de bien profiter de ces moments de grâce dans un endroit de rêve.  Avant de rentrer, le bateau fait une escale sur une île où se pratique la culture de perles.  Ces perles sont très belles et bien que le soi-disant musée soit plutôt rudimentaire nous apprenons que cette culture est assez récente au Vietnam.  Néanmoins on y produit de beaux bijoux.  Je me laisse tenter par une paire de boucles d&#8217;oreilles de perles noires, simples mais jolies, que j&#8217;achèterai sur le bateau où des bijoux sont offerts aux voyageurs qui souhaitent se rapporter un souvenir de cette expérience hors du temps &#8230; Malheureusement notre dernière nuit a été ruinée par un groupe de jeunes australiens et britanniques arrivés le matin du deuxième jour et qui ont fait la fête très tard en s&#8217;amusant au Karaoké, le sport national du Vietnam&#8230;. On peut s&#8217;imaginer ce que ça doit être en haute saison!  Cela nous ramène rapidement les pieds sur terre&#8230; Heureusement le lendemain nous rentrons à Hanoi après un avant-midi de farniente sur les chaises longues du dernier pont du bateau et un repas toujours aussi élégant et bon.  Le mystère de la Baie de Halong ce sont ces chaînes de montagnes au loin, enveloppées dans une brume, faisant ressortir ça et là des rochers dispersés sur la mer émeraude.  Par mauvais temps, ce mystère doit être très inquiétant mais par beau temps, ce n&#8217;est pas loin du paradis&#8230;</p>
<p>Sur la route du retour sur Hanoi nous sommes toujours aussi étonnées de constater comme les voitures sont belles, neuves et luxueuses.  On comprend que depuis l&#8217;ouverture au marché, les vietnamiens peuvent faire du commerce à leur profit.  Il y a donc des gens très riches parmi ces &laquo;&nbsp;communistes&nbsp;&raquo; ou cette &laquo;&nbsp;aristocratie rouge&nbsp;&raquo; comme l&#8217;un de nos guides les a appelés.  Comme avant les années 2000 on ne pouvait rien acheter, il est normal qu&#8217;aujourd&#8217;hui ceux qui en ont les moyens s&#8217;achètent des voitures.  Comme cela est récent, les voitures sont toutes neuves.  Comme on ne peut pas sortir l&#8217;argent du pays, autant s&#8217;acheter des voitures luxueuses.  Les Mercedes, BMW, et autres voitures de luxe sont partout.  Avant de rentrer nous faisons un détour par un petit village où l&#8217;art de l&#8217;estampe est maintenu vivant.  Un site se consacre à faire revivre cette vielle tradition vietnamienne.  Le vieux village est pratiquement disparu le long du fleuve Rouge.  On remarque les briques bien rangées et conservées sans doute pour servir à la construction de nouvelles habitations.  On visite la Pagode de la pointe du pinceau, peu connue des Vietnamiens mais mieux connue des étrangers.  Des moines y viennent encore et une cérémonie était en cours au milieu des rizières à maïs.  C&#8217;est le soleil rouge de fin de journée qui nous accompagne jusqu&#8217;à Hanoi dans un capharnaüm de voitures, de camions, de taxis, de motos à l&#8217;heure de la rentrée à la maison.  L&#8217;accueil à la &laquo;&nbsp;maison&nbsp;&raquo; est toujours aussi charmant et on nous donnera une chambre encore plus grande et plus confortable que la dernière fois.  C&#8217;est notre dernière journée avec Nam que nous remercions avec les pourboires d&#8217;usage, car demain, c&#8217;est le départ en avion pour Hué et le début de la visite plus touristique du centre et du Sud du Vietnam.</p>
<p><strong>Hué</strong></p>
<p>Au réveil nous apprenons à la lecture des journaux que les pluies des derniers jours dans la région de Hué ont causé des débordements de la rivière des Parfums.  Comme nous n&#8217;avons pas encore eu de pluie depuis notre arrivée, nous faisons confiance à notre chance en espérant que les inondations seront terminées à notre arrivée à Hué.  La chance est avec nous.  Le vol Hanoi-Hué se fait sans contrariété.  Il ne pleut pas à notre arrivée mais le temps est nuageux.  Notre nouveau guide est à l&#8217;accueil.  Il a 70 ans, c&#8217;est un homme ayant étudié chez les frères rédemptoristes.  Il connaît bien le Québec pour avoir étudié avec des pères québécois.  Il ne tarit pas du plaisir qu&#8217;il a à nous accueillir.  Il nous parlera de l&#8217;après-guerre et de la manière dont les &laquo;&nbsp;communistes&nbsp;&raquo; ont confisqué les biens des prêtres étrangers, les chassant du pays.  Il nous précise qu&#8217;il est catholique et que depuis peu (la dernière &laquo;&nbsp;ouverture&nbsp;&raquo;),  il peut pratiquer sa religion.   Il nous rappelle que les rédemptoristes ont été expulsés en 1975 et que depuis &laquo;&nbsp;l&#8217;ouverture&nbsp;&raquo; de 1999, ils tentent de récupérer leurs maisons mais avec grandes difficultés.  Les gens du sud se réfèrent souvent aux &laquo;&nbsp;communistes&nbsp;&raquo;.  Dans le nord, jamais nous n&#8217;avons constaté de différence entre la population et les communistes.  On comprend que le sud a gardé son fond capitaliste, hérité de la période coloniale&#8230;. Plus on progresse dans le sud, plus cela devient évident.  Notre guide nous précise que depuis l&#8217;ouverture, il y a un peu plus de liberté mais &laquo;&nbsp;très peu&nbsp;&raquo; selon lui.  C&#8217;est la première fois que nous entendons ce genre de propos.  Il est également vrai que c&#8217;est la première fois que nous avons l&#8217;occasion  de parler à quelqu&#8217;un de cet âge et qui a vécu l&#8217;avant et l&#8217;après communisme.  Notre guide a perdu son emploi de professeur à la fin de la guerre et il a, visiblement, beaucoup de nostalgie du passé.  Il a vécu toute sa vie à Hué.</p>
<p>Nous sommes dans l&#8217;ancienne province d&#8217;Annam.  En effet, cette région est entourée de montagnes de la cordillère Annamitique, d&#8217;où elle tire son nom.  Cette région fut coupée en deux de 1956 à 1975.  Le nord a obtenu son indépendance après la défaite française de 1954.  Cependant, sous la pression française, le sud a continué à faire l&#8217;objet de batailles intenses.  Elles étaient menées par l&#8217;armée du sud, assistée des américains.  Bien que les américains aient été anticolonialistes, leur crainte de voir les communistes chinois réussir leur avancée jusqu&#8217;au Vietnam, les poussait à soutenir le sud Vietnam.  La France n&#8217;ayant pas les moyens de continuer la lutte, les américains investissaient des hommes et de l&#8217;équipement, convaincus de pouvoir vaincre les Viêt-cong.   Les accords de Genève du 20 juillet 1954 entre Français et Vietnamiens, établirent une ligne de démarcation provisoire entre le Nord et le Sud Vietnam, au niveau du 17e parallèle.  Le pays était ainsi partagé entre la République démocratique du Vietnam, de Ho Chi Minh (vainqueur à Dien Bien Phu) au nord, et l&#8217;État du Vietnam au sud.  Ces accords instaurèrent une zone démilitarisée, au sud de laquelle les américains mirent en place leur propre ligne de défense baptisée &laquo;&nbsp;ligne McNamara&nbsp;&raquo;.  Encore aujourd&#8217;hui il reste un sol criblé de mines et de produits toxiques dans cette zone où plusieurs accidents continuent de se produire.  D&#8217;ailleurs, dans tous les guides touristiques il est recommandé de ne jamais sortir des sentiers clairement tracés par le temps.</p>
<p>Une promenade dans Hué est plutôt reposante.  Cette ville de 400 000 habitants est beaucoup plus petite que Hanoi.  C&#8217;est le foyer intellectuel et culturel du Vietnam.  C&#8217;est une ville  incontournable du circuit touristique.  Il est facile de s&#8217;y promener et de s&#8217;y retrouver.  Elle a été capitale  impériale de 1802 à 1945 et se trouve à 12 km de la mer de Chine méridionale.  Une citadelle y a été construite sur le modèle de la Cité impériale de Pékin.  Il s&#8217;agit d&#8217;un vaste carré, fortifié par une enceinte de 10 km de pourtour, et percée de dix grandes portes.  Elle est sise sur les rives de la rivière des Parfums.  Cette dernière tire son nom des fleurs sauvages longeant la rivière et qui embaumaient l&#8217;air environnant.</p>
<p>Notre découverte de Hué avec le guide, débute par une ballade en bateau sur la rivière des Parfums, au cours de laquelle notre guide nous informe qu&#8217;environ 12 000 personnes vivent sur l&#8217;eau.  Chaque bateau, et il y en a beaucoup, abrite une famille.  Ces bateaux sont tous faits à partir du métal retiré des pistes d&#8217;aviation que l&#8217;armée américaine a abandonnées au moment de sa défaite.  Le nôtre appartient à une famille avec 4 enfants, tous en bas âge.  Ils sont charmants.  Le bébé dormira dans un hamac suspendu durant toute notre promenade.  Le mari est capitaine et l&#8217;épouse nous offre des signets, des tableaux, et autres produits en papier faits par son père.  Ce papier &laquo;&nbsp;câydo&nbsp;&raquo;, provient d&#8217;un arbre tropical typique de la forêt vietnamienne.  Acheter leur artisanat est une manière de les encourager.  Malgré la grande capacité de passagers du bateau, nous sommes seules  avec le guide qui nous explique ce qui défile devant nous: le pont Clémenceau, construit en 1897 par les français.  Clémenceau a été président du Conseil et on le surnommait &laquo;&nbsp;le Tigre&nbsp;&raquo; car il était très dur.  Le pont des américains, construit en 1975 pour supporter les chars d&#8217;assaut américains, qui devaient se diriger vers le nord.  Du bateau on peut admirer le marché très animé de la rive ouest et de l&#8217;autre, sur la rive est, l&#8217;hôtel Saigon Morin, offrant une magnifique architecture coloniale.  Aujourd&#8217;hui centenaire, cet hôtel est la propriété du parti communiste.</p>
<p>En filant dans notre grande barque, nous nous étonnons des tas de bois morts accrochés aux pylônes des ponts.  Le guide nous rappelle qu&#8217;il y a quatre jours, la ville de Hué a été inondée de 2 à 3 m d&#8217;eau.  Dès que la pluie a cessé tout est disparu en une journée, ce qui explique aussi la couleur brune de l&#8217;eau de la rivière des Parfums, généralement d&#8217;un bleu limpide.  Cette rivière d&#8217;environ 5 m de profondeur n&#8217;est qu&#8217;à 16 km environ de la mer.  Hué est une très jolie ville.  Sa reconstruction et sa restauration en font un site touristique important, malgré sa proximité de la zone démilitarisée située tout près.</p>
<p>Le but de notre tour de bateau est de visiter la région des tombeaux royaux.  La dynastie des Nguyen régna de 1802 à 1945.  Au début de 15ème siècle elle était alliée à la dynastie régnante des &laquo;&nbsp;Le&nbsp;&raquo; et dirigeait le nord du pays.  Ils furent chassés vers le sud par les Trinh au milieu du 15ème siècle.  Il s&#8217;ensuivit une guerre qui dura une cinquantaine d&#8217;années jusqu&#8217;à ce que les deux familles décident de se partager l&#8217;empire.  Les Nguyen s&#8217;approprièrent le Sud colonisant les territoires des royaumes cham et cambodgien.  En 1771, une révolte fit vaciller le pouvoir et un jeune prince, le futur empereur Gia Long, fondateur de la dynastie Nguyen mena la reconquête.  Il régna sur l&#8217;ensemble du pays à partir de 1802, s&#8217;opposant toujours aux influences étrangères.  Cette côte portait d&#8217;ailleurs le  nom de &laquo;&nbsp;côte de fer&nbsp;&raquo; à cause de la xénophobie sous la dynastie des Nguyen.  Quand les français prirent le pouvoir en 1858, les empereurs Nguyen continuèrent à régner sur l&#8217;Annam et le Tonkin mais, avec très peu de pouvoirs.  Le dernier empereur, Bao Dai, né en 1913, abdiqua en 1945.  Il fut déposé en 1954 et se réfugia à Paris où il décéda en 1997.</p>
<p>Nous descendons du bateau au temple de la &nbsp;&raquo; Vieille Dame céleste&nbsp;&raquo;.  Ce temple bouddhiste a été édifié par le seigneur Nguyen Hoang en 1601. La tour octogonale en briques rouges, qui symbolise le lieu, fut élevée en 1844 seulement.  Chacune de ses sept étages représente une réincarnation de Bouddha, comme c&#8217;est souvent le cas sur les sites bouddhistes.  La légende veut qu&#8217;une vieille femme soit apparue au seigneur Nguyen, alors qu&#8217;il se promenait sur une colline aux abords de l&#8217;actuelle Hué, et lui prédit qu&#8217;un bon seigneur ferait édifier en ce lieu une pagode pour la prospérité du pays.  Ce qu&#8217;il fit  à 4 km au sud-ouest de Hué, en hommage à cette apparition.  Les nombreuses restaurations en font un site à la fois touristique et religieux important.  Le roi y avait fait érigé également une tour de la &laquo;&nbsp;source du bonheur&nbsp;&raquo;,  pour immortaliser sa grand-mère avec une statue de Bouddha en or pur.  Cette dernière aurait été volée sous le protectorat français!  Aujourd&#8217;hui la pagode est privée et entretenue par les bouddhistes qui y font des pèlerinages réguliers.  En 1710, le roi fit fondre une énorme cloche qui résonnait jusqu&#8217;à 15 km, pour avertir les ouvriers aux champs, et ce  jusqu&#8217;en 1975.  Notre guide ce matin-là, était bouddhiste comme la majorité des habitants de Hué.  Nous avons donc eu droit à une série d&#8217;explications, toutes plus fascinantes les unes que les autres.  Pour les bouddhistes, le passé n&#8217;est plus et le futur n&#8217;est pas encore là, c&#8217;est dans le moment présent que l&#8217;on peut être heureux.  C&#8217;est ce que Albert Camus a appelé le &laquo;&nbsp;moment de conscience&nbsp;&raquo;.   Pour les lettrés, Bouddha est un guide, mais pour les illettrés il est un dieu!  Nous apprenons que le ventre du Bouddha est gros pour y conserver tous les malheurs du monde.  Enfin, Bouddha prend aussi la forme d&#8217;une femme, c&#8217;est la déesse de la miséricorde.  Elle est présente dans plusieurs temples et les femmes viennent lui faire des offrandes pour avoir des enfants!</p>
<p>L&#8217;histoire de la pagode est inscrite sur une stèle portée par une tortue de marbre, symbole de longévité. Tout le reste de la journée fut consacrée aux visites de mausolées impériaux et à la citadelle.  Les Nguyen, contrairement à leurs prédécesseurs, ne se firent pas inhumer dans le village natal du fondateur de la dynastie, mais plutôt près de leur capitale.  Leurs tombes sont donc érigées de part et d&#8217;autres de la rivière des Parfums.  Toutes les nécropoles réunissent au moins quatre éléments architecturaux.  D&#8217;abord une grande cour, souvent en brique, accueille les visiteurs.  Une voie des Esprits est ensuite jalonnée de gardiens de pierre, ayant la forme d&#8217;animaux puissants (éléphants, chevaux ou autres créatures fabuleuses) et de dignitaires civils et militaires.  Cette &laquo;&nbsp;garde&nbsp;&raquo; mène à un pavillon où une stèle relate les mérites et les hauts faits du monarque défunt.  On y trouve ensuite un temple pour honorer le défunt et l&#8217;impératrice.  Enfin, le tombeau de l&#8217;empereur est entouré de hauts murs fermés de lourdes portes de bronze.  Le corps du monarque est en réalité enterré dans un endroit secret, à l&#8217;abri des profanateurs de sépulture.  De part et d&#8217;autre de ces monuments, s&#8217;élèvent des pavillons annexes réservés aux concubines et aux épouses du défunt, ainsi qu&#8217;aux serviteurs et aux gardiens de la tombe.  Le tombeau de Minh Mang (1820-1841), le second empereur de la dynastie des Nguyen, est à 12 km de Hué sur la rive gauche de la rivière des Parfums.  C&#8217;est le plus beau des tombeaux, nous dit le guide.  Cet empereur était dure en politique, anti catholique et a fait réalisé des travaux importants d&#8217;utilité publique, notamment dans le domaine des arts.  On y réfère comme étant le Napoléon du Vietnam.  Il aurait eu 142 enfants et se serait satisfait de 5 concubines par nuit, dont les trois cinquième étaient fécondées!!!  C&#8217;est lui qui aurait tracé les plans de son tombeau, dans la pure culture chinoise.  Construit sur la colline, il aurait employé 10 000 personnes par jour et autant de mandarins civils et militaires.  Il a été achevé par son fils qui aurait écrit l&#8217;histoire sur la stèle en mémoire de son père.  Fidèle à la culture bouddhiste, la mort n&#8217;étant que la fin d&#8217;une autre manifestation, l&#8217;empereur avait établi sa résidence d&#8217;été sur le site choisi pour son mausolée.</p>
<p>Tous les empereurs n&#8217;ont pas été aussi prolifiques.  J&#8217;ai rappelé plus haut que Bao Dai (1920-1997) avait été le dernier empereur.  Son père serait mort en 1925 à l&#8217;âge de 40 ans.  Son mausolée est un curieux mélange de style asiatique et français, tout en béton, sans jardin paysager ni logement pour ses concubines.  La rumeur veut d&#8217;ailleurs que le père de Bao Dai fut homosexuel et les photos dans son tombeau devenu musée, laissent peu doute.  Bao  Dai serait plutôt le fils du frère de son soi-disant père.  En tout cas, son soi-disant père affichait des goûts plutôt extravagants.  Avec l&#8217;accord des français il a dû augmenter les impôts pour financer la construction de son mausolée.  Cet empereur impopulaire aurait décidé de construire son mausolée sur un ancien cimetière chinois dont il a assuré la destruction.  La décoration de son mausolée témoigne de l&#8217;influence française par différentes touches, d&#8217;ailleurs plus ou moins esthétiques, à côté de mosaïques d&#8217;influence chinoise.  Un mur présente une délicate fresque affichant les quatre saisons: des abricotiers en fleurs faisant état du printemps, des lotus témoignant de l&#8217;été, des chrysanthèmes pour l&#8217;automne et des bambous pour l&#8217;hiver.</p>
<p>La journée se termine par la visite de la citadelle ou ce qu&#8217;il en reste.  Les nombreuses guerres ayant eu cours dans ce pays ont détruit beaucoup de son patrimoine culturel.  Ce n&#8217;est que depuis 1990 que le gouvernement s&#8217;intéresse à la préservation des sites historiques.  La citadelle est inscrite au patrimoine de l&#8217;humanité depuis 1993, ce qui encourage plusieurs pays réunis sous l&#8217;égide de l&#8217;Unesco, à entreprendre ou financer sa restauration.  D&#8217;ailleurs tout le site est un chantier de construction tout en demeurant accessible aux visiteurs.  Certains édifices sont terminés, d&#8217;autres encore en ruine.  La citadelle de Hué fut décidée au 19ème siècle seulement et son site fut déterminé par la géomancie, une pratique courante au Vietnam, afin de choisir l&#8217;emplacement le plus favorable à la vocation de l&#8217;édifice prévu.  La ressemblance avec la cité interdite de Pékin est remarquable. Son organisation reflète la hiérarchie confucéenne avec trois enceintes concentriques renfermant la Vielle-Capitale, la cité impériale et enfin la cité pourpre interdite.  Des fossés entourent chacune des enceintes.  Le site est très impressionnant et sa restauration en fera sûrement un bijou culturel.  Mais il faudra du temps car le site est immense et couvre 73 ha.  Au rythme où se font les changements au Vietnam il ne serait pas étonnant que d&#8217;ici 5 ans ce site soit entièrement et magnifiquement restauré avec l&#8217;aide de la communauté internationale!</p>
<p>Nous sommes déjà le 14 novembre et voilà la moitié de notre périple terminée.  Pour la première fois, le brouillard est lourd ce matin, et tout est mouillé car il a plu toute la nuit.  Difficile à dire si la pluie est terminée.  Nous partons pour Hoi An aujourd&#8217;hui, un autre incontournable du Vietnam.  Avant d&#8217;y arriver, il faudra traverser une chaîne de montagnes imposante, séparant la mer de Chine du Laos.  Nous pénétrons dans la région du royaume disparu du Champa.   Ce royaume de religion hindou a été constitué par des Indonésiens débarqués sur les côtes du Vietnam il y a bien longtemps avant notre ère.  Pour y parvenir, il faut traverser le &laquo;&nbsp;col des nuages&nbsp;&raquo;, dominé par la montagne du cheval blanc, qui nous révèle un magnifique panorama côtier sur la péninsule de Lang Co, en mer de Chine méridionale.  Le &laquo;&nbsp;col des nuages&nbsp;&raquo; long de 25 km, tire son nom de sa situation à la frontière climatique, entre le nord et le sud du Vietnam.  Cela le plonge régulièrement dans un épais brouillard.  Un tunnel a été construit par les japonais ayant occupé le Vietnam dès 1940, mais dont le contrôle effectif ne dura que quelques mois en 1945.   Ce tunnel de 6 km de long permet de sauver beaucoup de temps pour les gens pressés, sans intérêt pour le paysage.  Il a par contre joué un rôle stratégique important durant les différentes guerres.</p>
<p><strong>Danang</strong></p>
<p>Arrivée à Danang c&#8217;est l&#8217;émotion.  En effet, cette ville d&#8217;un million d&#8217;habitants, sur le bord de la mer est la quatrième ville du pays.  C&#8217;est aussi un port international.  C&#8217;est ici que sont débarqués les 3 500 premiers marines américains, en février 1963.  On se croirait sur une plage du New Jersey!  On ne peut que s&#8217;imaginer ce que ces jeunes américains ont ressenti en débarquant à Danang.  Quoique le bord de mer soit splendide, tout au fond, les montagnes sont impressionnantes.  C&#8217;est d&#8217;ailleurs dans ces montagnes que l&#8217;on peut visiter aujourd&#8217;hui la montagne de marbre.  On y trouve des grottes, encore là, qui devaient constituer des cachettes parfaites pour les Viêt-cong.  À première vue, ce pays présentait des similitudes avec le leur, mais plus ces jeunes marines avançaient, plus l&#8217;inquiétude devait les gagner, en observant les regards impénétrables de ce peuple et les façons de vivre, comme de cultiver, tellement différentes des États-Unis.</p>
<p>On trouve à Danang un musée de l&#8217;art Cham, établi par les français en 1915, pour abriter les trouvailles des archéologues de l&#8217;École française d&#8217;Extrême-Orient.  D&#8217;abord un dépôt, sans doute pour entreposer les plus belles pièces devant être expédiées en France, il fut transformé en musée en 1936.  Il renfermerait aujourd&#8217;hui la plus belle collection Cham au monde, après des restaurations importantes entre 1992 et 1994, pour corriger les destructions de la guerre.  Ces sculptures hindoues ne nous ont pas impressionnées, bien que quelques pièces soient très belles.  Après avoir vu ce type d&#8217;art en Inde, les pièces présentées ici sont intéressantes mais sans plus.  On peut d&#8217;ailleurs présumer que Paris possède en ses murs, plus de pièces mémorables que le musée de Danang&#8230;</p>
<p><strong>Hoi An</strong></p>
<p>En route vers Hoi An, nous longeons la mer et c&#8217;est une suite de construction d&#8217;hôtels de chaînes américaines qui défilent devant nous.  Ces hôtels et condos sont partout le long de la côte.  C&#8217;est la célèbre &laquo;&nbsp;China Beach&nbsp;&raquo; où tant de marines américains venaient se reposer en permission.   On y verra nos premières barques rondes traditionnelles, des pêcheurs locaux en bambou tressé, qui constituent vraiment une curiosité pour nous!</p>
<p>À l&#8217;arrivée à Hoi An c&#8217;est le retour sur le Vietnam du passé.  Cette ville portuaire est charmante et la restauration de sa partie historique nous permet de mieux comprendre la culture et le mode de vie vietnamien.  Hoi An c&#8217;est la ville de la soie.  On aura droit à une visite d&#8217;une coopérative de production de soie, depuis élevage des vers à soie jusqu&#8217;à la fabrication de vêtement en passant par des pièces artistiques splendides.  C&#8217;est une visite éclair pour touriste pressé.  Malgré la tentation nous n&#8217;y ferons pas d&#8217;achats car nous avons vraiment l&#8217;impression que c&#8217;est une attrape à touristes, ce qui nous sera confirmé plus tard.  La visite de la vieille ville est agréable et nous avons l&#8217;impression de vivre dans un autre siècle.</p>
<p>La guerre a peu touché Hoi An car elle était déjà devenue une ville modeste après que les français lui eut préféré Danang dès 1850.  Jusqu&#8217;en 1995, la petite ville de moins de 100 000 habitants était un village de pêche.  Aujourd&#8217;hui 80% de la population vit du tourisme!  L&#8217;Unesco a lancé un vaste programme de restauration au début des années 1980, ce qui a permis de sauver la ville.  En contrepartie, l&#8217;affluence touristique lui a fait perdre beaucoup de son charme passé.  Néanmoins nous avons été séduites par cette ville et son histoire.  Il y aurait 844 bâtiments d&#8217;intérêt historique à Hoi An, avec une architecture remarquablement bien conservée, qui atteste de la richesse passée de ce port.  La vieille ville est interdite aux voitures ce qui permet de s&#8217;y balader agréablement, d&#8217;un côté et de l&#8217;autre de la rivière Thu Bon.  On y trouve des temples faisant aussi office de maisons communales, des vieilles demeures encore habitées mais que l&#8217;on peut visiter, un pont-pagode japonais et bien sûr des boutiques et restaurants.  Le pont-pagode japonais est étonnant et remonterait à 1593.  Il a été construit par les japonais établis à l&#8217;ouest de la rivière Thu Bon.  Ce pont aurait pris trois ans à construire, de l&#8217;année du Singe à celle du Chien, ce qui explique la présence de statues de ces animaux de part et d&#8217;autre du pont.  La légende veut que ce pont ait été construit pour exorciser un monstre reposant depuis l&#8217;Inde jusqu&#8217;au japon et responsable de graves bouleversements en Asie (sécheresses, inondations, tremblements de terre&#8230;).  Le petit édifice en forme de pont couvert passerait sur le dos de la bête et l&#8217;empêcherait ainsi de bouger et de nuire au déclenchement de catastrophes!  La pagode a été ajoutée cinquante ans plus tard par les Chinois dont le quartier était établi à l&#8217;est de la rivière.</p>
<p>La ville de Hoi An est belle et intègre toutes les influences subies par le Vietnam au fil du temps.  Son marché est très actif et très touristique aujourd&#8217;hui, mais avec un cachet d&#8217;un autre temps.  C&#8217;est à Hoi An qu&#8217;il faut acheter la soie et les boutiques ont toutes des tailleurs ou des ouvrières qualifiées.  Nous nous laisserons tenter et notre guide nous a conduites dans une petite boutique où le travail est bien fait, les tissus de qualité et le prix avantageux!  Il faudra 24 heures pour tout obtenir et l&#8217;ajustement est parfait.  Notre hôtel à Hoi An n&#8217;était pas dans la vieille ville mais vers la mer à environ 2 km du centre.  Il ressemblait aux hôtels des Caraïbes avec des installations modernes, une construction en bois magnifique, avec des marbres tout aussi luxueux.  Notre chambre avait un joli balcon donnant sur le jardin et les peignoirs de la chambre étaient en soie luxueuse!  D&#8217;ailleurs, dans pratiquement tous nos hôtels les peignoirs et les pantoufles étaient offerts.  Un luxe très apprécié qui me rappelait le Japon!</p>
<p>Durant ce séjour à Hoi An nous sommes allées à My Son, le site sacré du culte Champa.  Il pleuvait malheureusement ce jour-là.  Comme il s&#8217;agissait de notre deuxième jour pluvieux, nous ne pouvions pas nous plaindre.  Néanmoins, étant donné que ce site est en montagne ce fut une promenade compliquée.  Voir le Vietnam à la pluie n&#8217;est pas agréable car il y a beaucoup de boue, à cause de la nature du sol et c&#8217;est très glissant.  Notre guide avait prévu nous faire profiter d&#8217;un spectacle folklorique à l&#8217;arrivée, de façon à éviter la foule de touristes attendus en fin d&#8217;avant-midi.  Ce spectacle était très beau et sous un toit métallique qui nous abritait heureusement de la pluie.  Graduellement, la salle s&#8217;est néanmoins remplie assez rapidement.  Il ne reste à visiter que quelques tombeaux Cham, le reste du site étant constitué de ruines qui semblent en voie de restauration.  Nous avons eu un peu le même sentiment qu&#8217;au musée de Danang et nous avons été un peu déçues.  Ce qui par contre était fascinant, c&#8217;était de constater que ces tombeaux avaient servi de réserves de munitions ou de caches d&#8217;armes pour les Viêt-cong, comme en témoignent les nombreux trous immenses un peu partout, résultant des bombardements américains.  Alors que Hoi An a à peine été touchée, My Son semble avoir eu sa part de dégâts.  C&#8217;est dans cette région qu&#8217;a eu lieu l&#8217;un des plus tragiques épisodes de la guerre du Vietnam: le massacre de My Lai.  Tout le monde se souvient de cette photo du photographe de l&#8217;armée américaine montrant une fillette, courant nue et en pleurs, avec un mur de feu derrière elle&#8230; C&#8217;est une région qui a beaucoup souffert.</p>
<p>De retour à l&#8217;hôtel pour le lunch, le soleil est revenu lui aussi.  Un peu de piscine en après-midi nous permet de nous remettre en forme et de nous reposer avant de sortir pour le souper.  L&#8217;hôtel offre un minibus pour le déplacement des invités entre le site de l&#8217;hôtel et la vieille ville.   Cela  s&#8217;est avéré très pratique pour aller  prendre un repas le dernier soir, avec des amis québécois en visite également.  Ils avaient choisi un restaurant renommé, très agréable et très bon dans la vieille ville:  le Cargo.   La facilité des communications sans fil nous a permis de rester en contact et de nous rencontrer à l&#8217;heure et à l&#8217;endroit prévus au départ de Montréal!  Les services sans fil sont faciles au Vietnam où tout le monde a son téléphone portable comme c&#8217;est souvent le cas, dans des pays en développement.  Le repas vietnamien était excellent et le retour en taxi  s&#8217;est fait sans heurts.  Les taxis sont vraiment économiques au Vietnam.  En fait, le coût de la vie n&#8217;est pas encore cher dans ce pays.</p>
<p>Le lendemain, après un avant-midi au bord de la piscine nous quittons pour l&#8217;aéroport de Danang pour prendre le vol vers Nha Trang.  Il pleut à notre arrivée à Nha Trang.  Notre guide est une caricature des guides américains.  Avec son chapeau de cow boy en cuir, ses bermudas North Face, Hung est très coloré.  Il nous apprend que Nha Trang compte un million d&#8217;habitants et que sa ville doit sa notoriété au Dr Alexandre Yersin, un étudiant de Pasteur et le découvreur du bacille responsable de la peste.  Alexandre Yersin est considéré comme le fils adoptif du Vietnam où il s&#8217;installa en 1895 à Nha Trang.  Il introduisit et acclimata l&#8217;hévéa et le quinquina.  Il fonda un laboratoire à NhaTrang pour poursuivre ses études.  Ce dernier devint l&#8217;institut Pasteur en 1903 et est toujours en activité.  Il est situé tout près de notre hôtel.  Juste à côté se trouve un musée consacré à Yersin dans la demeure où il habitait.</p>
<p><strong>Nha Trang</strong></p>
<p>Les infrastructures routières de Nha Trang sont très modernes.  On y exporte du sable pour la fabrication du cristal au Japon.  Nha Trang est semblable à la côte de la Floride entre Miami et Fort Lauderdale: des hôtels de luxe, des condominiums en construction des restaurants modernes&#8230; C&#8217;est l&#8217;endroit de prédilection des Russes.  Il en débarque deux avions Airbus par jour en haute saison.  Ils viennent pour les achats et la mer.  Il n&#8217;y a pas de typhon à Nha Trang à cause des montagnes qui la protègent des quatre côtés.  La spécialité locale est la perle de la mer de Chine.  La cueillette des nids d&#8217;hirondelles est une activité également importante ici.  Les nids d&#8217;hirondelles, que nous n&#8217;avons pas goûtés, sont un délice de la  cuisine vietnamienne.  On construit d&#8217;ailleurs des montagnes artificielles pour attirer les hirondelles et en récupérer les nids!  En plus de son intérêt touristique, Nha Trang est un important centre militaire.</p>
<p>Le Vietnam y conserve 6 sous-marins, 2 navires de combat et plusieurs avions de combats pour se défendre contre la Chine.  Cette dernière tente par tous les moyens d&#8217;exploiter les nombreuses îles au large du Vietnam à cause du potentiel pétrolier qu&#8217;elles renfermeraient.  Sur la route de l&#8217;hôtel nous voyons le superbe complexe hôtelier &laquo;&nbsp;Diamond&nbsp;&raquo; dont la propriétaire est très riche et près du parti communiste.  La route est très propre et il semble que son entretien soit assuré par les habitants payés selon la quantité de gravier et de déchets ramassés.  Notre guide est très loquace.  Il parle français, anglais, russe et vietnamien.  Il a étudié à l&#8217;école normale supérieure ici et semble très ambitieux comme la plupart des jeunes ici.  Son explication du nom de Cochinchine est claire.  Les Portugais, ayant touché le sol sur la côte de Da Nang en 1516 et installé un comptoir à Faifo (aujourd&#8217;hui Hoi An), aurait compris le mot chinois &laquo;&nbsp;Giaochi&nbsp;&raquo;,  désignant le Vietnam en chinois, et donné naissance au mot &laquo;&nbsp;Cauchinchina&nbsp;&raquo;.  Plus tard, les français utiliseront le terme de Cochinchine pour désigner le sud du Vietnam.  Enfin, le Jésuite Alexandre de Rhodes débarqué à Faifo en 1651 aurait entreprit, à son tour, de traduire le Vietnamien en caractère latin tel qu&#8217;on le connaît aujourd&#8217;hui.</p>
<p>La baie devant Nha Trang ressemble à mon avis à la baie de Rio, mais avec moins de monde et beaucoup plus calme.  Un immense Bouddha règne sur cette plage contrairement au Sacré Coeur de Rio!  La plage est propre et longue de 20 km.  La plage et les hôtels sont séparés par une avenue à quatre voies dont le terre-plein est fleuri.  La journée se passe sur la plage.  La mer est très forte et il n&#8217;y a que des Russes autour de nous.  Ce sont des Russes élégants, en famille ou en couple, ayant visiblement une bonne éducation.  Quelques groupes de jeunes filles, visiblement en vacances, sautent dans les vagues.  Tout est traduit en russe ici.  Les Vietnamiens apprécient beaucoup les Russes qui les auraient toujours aidés.  D&#8217;où leur présence ici non seulement pour les vacances mais aussi pour les activités conseils aux militaires.   Les masseuses de plage travaillent fort sur des corps fatigués dont certains sont plus flasques que les autres&#8230;.</p>
<p>Après cette journée reposante et luxueuse, nous partons pour Buon Ma Thuot, principale région productrice de café.  En effet, le Vietnam est devenu l&#8217;un des principaux pays exportateurs de café.  Avant de quitter Nha Trang nous jetons un dernier coup d&#8217;oeil sur cette baie magnifique, qui à cette heure matinale, présente une image de carte postale avec ses barques rentrant de la pêche, et ses sampans flottant doucement au large.  Notre guide est une femme d&#8217;âge mûr.  C&#8217;est la première fois, depuis la Baie de Halong, que nous avons une femme comme guide et en plus elle parle un excellent français.  Son père est mort en 1968, il était chef d&#8217;un département du sud du pays.  Sa famille possédait deux maisons.  Le gouvernement en a pris possession  avec une compensation &laquo;&nbsp;ridicule&nbsp;&raquo;.  Depuis l&#8217;ouverture, il est possible de reprendre ses anciennes propriétés ce qu&#8217;elle tente de faire.  Elle parle de &#8216;tuyau&nbsp;&raquo; lui ayant permis de faire avancer son dossier.  Les tractations en dessous de la table sont courantes ici et il faut toujours un tuyau&#8230; Elle a voyagé en France et garde pour la langue française un attachement évident.  Elle est plutôt réservée et n&#8217;aime pas les communistes.  Elle est discrète devant le chauffeur, &laquo;&nbsp;car il est communiste&nbsp;&raquo;,  mais elle devient loquace, quand nous nous promenons et causons entre nous.  Le touriste ne voit pas la dictature communiste et nous avons l&#8217;impression que la population est libre.  Mais ce ne serait pas le cas.  Il y a bien sûr quelques initiatives individuelles, mais les déplacements sont toujours contrôlés.  Il faut s&#8217;inscrire à la maison communautaire et chaque famille possède un carnet avec le nom de tous ceux qui vivent dans la maison.  Si le propriétaire de la maison est loin il est possible d&#8217;habiter la maison moyennant un &laquo;&nbsp;cadeau&nbsp;&raquo; sous la table offert aux autorités jusqu&#8217;au retour des propriétaires.  Tout se monnaye ici.</p>
<p>En partant de Nha Trang nous traversons la région des hauts plateaux.  On y produit du café, de la canne à sucre, du poivre, etc&#8230; On est riche ici et cela se voit par les maisons plus grandes et plus luxueuses.  Le long de la route on peut voir le poivre ou le café à sécher sur la bord de sa route.  Le poivre prend une semaine de séchage, alors qu&#8217;il faut un mois pour le café.  Il reste à l&#8217;extérieur et si le temps est menaçant on le recouvre le soir. En route, nous serons témoins d&#8217;un accident de la route.  En fait, il venait d&#8217;avoir lieu et le corps était couvert d&#8217;une natte.  Par contre, on pouvait voir la moto tordue écrasée à la droite et le camion qui l&#8217;avait visiblement frappée, à gauche sur le côté de la route avec deux roues en moins.  Ce n&#8217;est pas une belle scène à regarder et nous passons rapidement.</p>
<p>L&#8217;hôtel de Buon Ma Thuot (prononcer Bon ma tou), n&#8217;a que 3 ans et est très moderne.  Les hauts plateaux ont été interdits aux touristes jusqu&#8217;en 1990.  Ils sont peu visités encore aujourd&#8217;hui car les routes sont difficiles.  On  trouve pourtant les plus beaux paysages du Vietnam avec des populations ethniques, toutes plus intéressantes les unes que les autres.  Nos visites sont surtout naturelles ici, en ce sens que nous visitons des forêts, des chutes où il faut descendre à pieds sur 15 m de haut.  Nous traversons des ponts suspendus, nous observons des crocodiles, des singes, et des pythons heureusement en cage&#8230;.Au retour, il pleut averse une fois sur la route.  Curieusement cela dure très peu et au village suivant, il ne pleut plus.  Le Spa de l&#8217;hôtel est apprécié à l&#8217;arrivée, car l&#8217;excursion ou plutôt les excursions de la journée, nous sont rentrées dans le corps!  Mais ce massage suédois avec boule chinoise  redonne vie!  Comme demain c&#8217;est l&#8217;anniversaire de naissance de Lucie, je lui offrirai ce traitement bienfaiteur!  Après un repas à côté de Brésiliens assez beaux mais surtout bruyants, nous tombons de sommeil&#8230;.</p>
<p>Le lendemain, c&#8217;est la visite d&#8217;une réserve naturelle de Yok Don à la frontière cambodgienne.  Les routes sont très difficiles pour s&#8217;y rendre mais à l&#8217;arrivée c&#8217;est une autre découverte culturelle.  Les ethnies ici sont de religion protestante, ce qui est plutôt étonnant.  Les ethnies sont des EDes et des Mnongs.  Buon Ma Thuot, c&#8217;est la dernière grande bataille avant la prise de Saigon et un nouveau musée sur les ethnies, offert par la France, permet de les découvrir.  Nous ne pourrons le visiter car l&#8217;inauguration officielle est prévue pour le lendemain et on y achève les préparatifs de dernière minute!  Une immense sculpture à l&#8217;entrée de la ville témoigne du rôle important joué par les ethnies avec l&#8217;armée pour la libération du pays.  C&#8217;est impressionnant.  Ce qui frappe ici, c&#8217;est la fusion des religions où chaque ethnie possède la sienne.  Ainsi, on  voit l&#8217;héritage Cham (hindou), bouddhiste et différentes religions chrétiennes.  Tout ce monde vit en harmonie sous le manteau communiste dont l&#8217;ouverture sur la pratique religieuse remonte à 1990 seulement.  En effet, en 1975 le gouvernement a interdit toute pratique de religion.  L&#8217;ouverture en 1990 reposerait sur le potentiel touristique, basé sur l&#8217;héritage religieux.  Aussi, toutes ces restaurations d&#8217;édifices religieux sont financées par des pays alliés ou des organismes internationaux ou des particuliers étrangers ou non.  Le gouvernement accepte ces &laquo;&nbsp;dons&nbsp;&raquo; car il veut les devises étrangères&#8230;.</p>
<p>Nous commençons à clarifier un peu l&#8217;organisation politique de ce pays.  Seulement 5 à 8 % de la population est membre du parti communiste.  N&#8217;est pas membre du parti communiste qui veut.  Il faut avoir un passé ou un lien familial avec quelqu&#8217;un qui est membre.  Cela peut prendre 3 à 5 ans avant d&#8217;être accepté comme membre du parti.  Il y a un secrétaire du parti communiste par province et la personne la plus importante du pays n&#8217;est pas le Président mais bien le Secrétaire général du parti communiste.  On les appelle les &laquo;&nbsp;aristocrates rouges&nbsp;&raquo;.  Ici, pour avoir une fonction officielle, il ne faut ni déclarer ni pratiquer une religion.  D&#8217;ailleurs, il ne faut parler ni religion ni politique au Vietnam si on veut vivre en paix.</p>
<p><strong>Dalat</strong></p>
<p>Après avoir bien célébré la fête de Lucie, nous partons le lendemain pour Dalat avec un nouveau guide, une nouvelle voiture et un nouveau chauffeur.  Cette station météorologique en altitude jouit d&#8217;un climat fort agréable.  C&#8217;est la ville du printemps perpétuel.  C&#8217;est aussi la ville à laquelle on réfère comme étant le &laquo;&nbsp;petit Paris&nbsp;&raquo;.  La route pour s&#8217;y rendre est difficile mais Dalat est, depuis l&#8217;époque française, le lieu de prédilection des riches saïgonnais.  C&#8217;est une région agricole riche où la population est catholique.  En route, nous découvrons les plantations d&#8217;hévéas et apprenons que tous les jours, des femmes cueillent le précieux liquide blanc (le latex() qui deviendra le caoutchouc.  C&#8217;est une récolte qui ressemble à celle du sirop d&#8217;érable!  Un arbre d&#8217;hévéa dure 20 ans environ, et produit à partir de la quatrième année.  Nous faisons connaissance avec des jeunes anglais voyageant avec les &laquo;&nbsp;easy riders&nbsp;&raquo;.  Ce sont des jeunes motocyclistes qui prennent des passagers pour leur faire visiter les régions du Vietnam.  Ils ont de belles motos et les passagers sont généralement jeunes avec peu de bagages.  Cela semble vraiment sympathique et si le temps est beau, cela doit être formidable!  Tout le long des routes du Vietnam, surtout dans le sud, on trouve des aires de repos avec hamac et casse-croûte, pour les motocyclistes.  Dans cette région les arbres de poinsettias sont étonnamment grands (2 m) par rapport à nos petits plants de poinsettias du temps des fêtes!</p>
<p>Notre hôtel est situé sur une montagne dans l&#8217;ancien quartier colonial français.  Il est constitué de maisons individuelles comptant deux ou trois suites par maison.  Une grande maison sert de restaurant et une superbe serre accueille les clients pour le thé, l&#8217;apéro ou tout simplement la paresse!  Les jardins sont magnifiques.  Tout le personnel est jeune, souriant et désireux de parler anglais.  Leur compréhension de l&#8217;anglais est toutefois moins facile.   Notre suite possède deux chambres dont l&#8217;une est très grande et sert aussi de petit salon avec son foyer au charbon qui ne fonctionne pas.  Une immense salle de bains d&#8217;une autre époque, en marbre blanc, dessert les deux chambres.  Nous semblons être les seules étrangères dans l&#8217;hôtel.  Il y a un couple de nouveaux mariés à l&#8217;évidence, des familles et, au repas, des gens d&#8217;affaires.  En effet, tout près se trouve le siège de la compagnie d&#8217;électricité du Vietnam.  Les plaques des quelques voitures sont bleues pour la plupart.  Cet hôtel est situé à quelques minutes à pied du musée Lam Dong, l&#8217;ancien musée des Ethnies montagnardes qui occupe la demeure de la femme du dernier empereur Bao Dai, celui qui a fini ses jours en France après la défaite des français.  C&#8217;est un musée très intéressant où nous continuons de découvrir des ethnies fascinantes.</p>
<p>Nous rencontrerons dans cette région, les &laquo;&nbsp;Lats&nbsp;&raquo;, regroupés en neuf hameaux peuplés de &laquo;&nbsp;Mas&nbsp;&raquo; et surtout de &laquo;&nbsp;Co Hos&nbsp;&raquo; protestants et catholiques,  ayant conservé leur habitat traditionnel sur pilotis.  Ces ethnies ont été évangélisées par les américains mais ce sont les français catholiques qui les ont sédentarisées.  Le chef des Lats nous a accueillies dans la maison communautaire à Bon Dong.  Ces ethnies étaient animistes avant leur évangélisation et il reste dans leurs églises, des manifestations de cet ancien culte.  Le chef parle un excellent français et nous a même chanté des chansons françaises.  Il était infirmier durant la guerre.  Plusieurs Lats ont été évangélisés par des prêtres québécois du nom de Dupont ou Vaillancourt.  Ils vivent dans un système matriarcal.  C&#8217;est la fille qui hérite et les enfants portent le nom de la mère.  Il nous raconte comment les femmes achetaient le mari avec des animaux.  Un homme valait un buffle.  Sa femme à lui, aurait pays 5 buffles, parce qu&#8217;il parle trois langues.  Il prend bien soin d&#8217;ajouter qu&#8217;aujourd&#8217;hui on n&#8217;achète plus le mari mais, c&#8217;est la femme qui paie la noce&#8230; On vit toujours en matriarcat dans cette communauté.  Il rappelle qu&#8217;avant, on pouvait être polygame mais, plus aujourd&#8217;hui.  Les Lats ont été déplacés ici en 1952, à la suite d&#8217;une construction de barrages en 1945 et en 1948.  Durant nos échanges, on entend la musique de &laquo;&nbsp;happy birthday to you&nbsp;&raquo; au loin.  Ce sont les vidangeurs qui s&#8217;annoncent et tout le monde va sortir ses vidanges en entendant ce chant.  Cela fait tout un effet!</p>
<p>Dalat n&#8217;a pas été beaucoup touché par la guerre même si les américains y avaient installé une base radar de grande puissance.  Les installations y sont demeurées.  Il reste de magnifiques édifices coloniaux qui nous permettent de nous imaginer la vie facile et les soirées mondaines  &laquo;&nbsp;au temps de la colonie française&nbsp;&raquo;.  Notre visite de cette région est passionnante.  On y trouve une concentration de production de fleurs magnifiques et notre guide, visiblement amateur de jardinage, nous fait découvrir toutes les beautés des différentes sortes d&#8217;orchidées dont il raffole.  Il existe ici d&#8217;ailleurs un véritable village des fleurs.  C&#8217;est tout simplement splendide.  La terre argileuse et volcanique de cette région à 2 169 m d&#8217;altitude est très propice pour la culture des fleurs.  Comme les Vietnamiens en sont très friands, la production de fleurs est expédiée à travers le pays.  Mais le marché demeure un lieu merveilleusement fleuri.</p>
<p>La visite d&#8217;un monastère Zen nous fait découvrir une autre flore bien cultivée par les moines.  Le monastère est construit sur une ancienne base d&#8217;artillerie de l&#8217;armée du sud Vietnam, sur le plus haut sommet de Dalat.  Une centaine de bonzes et de bonzesses y pratiquent la méditation.  C&#8217;est la diaspora vietnamienne qui finance ce monastère, comme en témoigne les différents bancs identifiés au nom et à la résidence des donateurs.  Certains donateurs viennent du Canada.  En visitant son jardin de roches, nous apprenons que toutes le roches que l&#8217;on a observées un peu partout et quelques fois dans des espaces ayant l&#8217;air de jardins, sont en fait des signes Zen et elles sont disposées selon l&#8217;art Suseki ou, l&#8217;art de disposer les pierres.  Enfin, un lac au pied du monastère remonte à 1980 et provient d&#8217;un barrage en amont, ayant concentré les eaux de plusieurs sources.</p>
<p>La gare de Dalat est à l&#8217;image de la gare de Deauville en France et elle a gardé son charme d&#8217;époque.  Nous la visiterons en prenant le train pour voir une pagode spéciale, toute recouverte de pièces de porcelaine cassée.  En restauration perpétuelle, sa construction remonte à 1950.  Dalat est plein de surprise: la maison de Bao Dai dessinée par Le Corbusier est d&#8217;un art déco intéressant.  Aussi, la maison dite &laquo;&nbsp;folle&nbsp;&raquo; est la plus amusante.  Cette maison est aujourd&#8217;hui un hôtel en construction permanente.  Sa propriétaire, qui en est l&#8217;architecte est la fille d&#8217;un haut responsable du parti communiste.  L&#8217;architecture est un mélange de Gaudi et des contes de Disney.  Elle compte 10 chambres à louer et il en reste 20 à terminer.  La visite est non seulement une expérience culturelle, mais un défi sportif, car il faut marcher sur des échelles et des passerelles pour traverser des grottes abritant les chambres.  L&#8217;architecte était présente durant notre visite.  Une véritable curiosité!</p>
<p>Le lendemain nous sommes allées visiter une ferme de grillons.  C&#8217;est un délice au Vietnam, car ils contiennent beaucoup de protéines.  On les mange à l&#8217;apéritif.  Nous n&#8217;avons pas fait l&#8217;expérience gustative mais nous avons appris qu&#8217;ils se mangeaient cuits, sautés à l&#8217;huile.  Un kilo de grillons comptent environs 1 000 grillons.  Chaque femelle pond 500 oeufs et meurt.  Les oeufs sont conservés dans la terre humide, dans un plat, durant 15 jours pour la naissance des bébés.  Il faut deux mois pour qu&#8217;ils atteignent la maturité.  On les couvre pour la nuit.  Chaque cage de bois contient 3 000 oeufs&#8230;. Plus loin nous avons visité une distillation d&#8217;alcool de riz.  C&#8217;est la cosse de café qui sert de combustible.  Il faut 15 jours pour la distillation et une fermentation de 3 mois dans des urnes de céramique, produit un alcool à 60-75%.  Certaines bouteilles contiennent un serpent qui donnerait encore plus de qualité à cet alcool!   Ensuite, nous arrêtons à une fabrique artisanale de soie depuis la cueillette des cocons, élevés par différentes familles qui, après une période de 26 jours, les vendent  à la fabrique.  C&#8217;est dans cette fabrique plutôt primaire, que le fil est tiré des cocons, qu&#8217;il est enroulé, puis teint et tissé selon différents motifs.  C&#8217;est très intéressant à observer.  Enfin, nous arrivons à la &laquo;&nbsp;cascade de l&#8217;éléphant&nbsp;&raquo; haute de 30m et large de 20m que nous escaladons de manière sportive&#8230;  Après une visite de la pagode adjacente datant de 1996, on rentre à Dalat.  Un repas élégant au Café de la Poste,  nous ramène à une autre époque, et nous donne de l&#8217;énergie pour terminer notre dernière journée à Dalat.  Demain nous prendrons l&#8217;avion pour Ho Chi Minh ville, dernière étape de notre voyage&#8230;.</p>
<p><strong>Ho Chi Minh Ville</strong></p>
<p>Notre arrivée à Saigon se fait en fin de journée.  C&#8217;est la première fois que notre guide n&#8217;est pas là.  Quand on regarde autour de nous, il semble que plusieurs touristes soient dans la même situation que nous.  Au bout de quelques minutes qui nous semblent interminables, notre guide s&#8217;amène avec d&#8217;autres collègues.  Il semble que la porte de sortie de l&#8217;aérogare ait été modifiée sans avertissement.  Compte tenu de l&#8217;heure, il n&#8217;est pas impossible que ce soit tout simplement un retard dû à la circulation.  En arrivant, le recours à l&#8217;appellation Saigon plutôt que Ho Chi Minh ville attire tout de suite la sympathie du guide.  Saigon c&#8217;est une ville avec 8 millions d&#8217;habitants.  Des milliers de motos  (5 millions), scooter, voiture, autobus, et ambulances tentent de se frayer un chemin.  Étonnamment on ne klaxonne pratiquement pas.  Le rythme est lent, mais serré.  Les avenues sont larges et séparées par des bornes indiquant d&#8217;un côté la voie réservée aux voitures et de l&#8217;autre, celle réservée aux motos.  Des policiers s&#8217;assurent du respect de ces règles.  Notre hôtel est immense, moderne et luxueux avec ses 400 chambres.  De jolies hôtesses en habit national, Ao Dai de toutes les couleurs, nous accueillent avec un sourire magnifique.  Elles parlent un excellent anglais et comprennent nos répliques!  Notre hôtel est situé à Cholon, le quartier chinois de Saigon.  Il possède un minibus pour amener les clients au centre-ville de Saigon notamment au marché reconnu de Saigon.  Nous n&#8217;avons pas particulièrement aimé le quartier mais l&#8217;hôtel était parfait.  Il est installé dans un complexe de centre de conférences avec des boutiques et un Spa.</p>
<p>Notre visite de Saigon nous permet de revivre l&#8217;histoire récente de la ville, notamment les guerres.  Le palais de l&#8217;Unification remontant à 1878 est intéressant.  Les américains ont reconstruit ce palais à leur arrivée ici.  Ils en avaient fait leur centre des opérations au sous-sol, véritable centre nerveux militaire.  D&#8217;ailleurs à leur départ on a découvert des micros partout dans le palais, incluant dans les colonnes de granit!  La visite du bureau de Poste est aussi intéressante.  L&#8217;édifice est superbe et nous y avons rencontré le dernier écrivain public.  Cet homme de 80 ans écrivait et écrit encore un peu, pour les gens analphabètes qui veulent envoyer des messages aux leurs.  Basé à la poste centrale de Saigon, c&#8217;est un véritable monument et une curiosité touristique.   C&#8217;est en l&#8217;honneur ou plutôt à la mémoire de l&#8217;oncle Ho que la ville a été nommée Ho  Chi Minh ville après la guerre.  Le quartier français appelé cité coloniale, est intéressant et nous y avons fait l&#8217;expérience de la &laquo;&nbsp;police touristique&nbsp;&raquo;.   Elle constitue une aide précieuse pour traverser ces grandes avenues inspirées des Champs Elysées.  Le marché vaut aussi une visite, bien que la quantité de produits offerts en décourage plusieurs.  La visite du Musée des souvenirs de guerre avec notamment, l&#8217;exposition &laquo;&nbsp;Requiem&nbsp;&raquo;, à la mémoire des 135 photographes morts au Vietnam et en Indochine, est mémorable.</p>
<p>Durant notre séjour à Saigon, nous irons visiter les célèbres tunnels Viêt-cong.  Les Vietnamiens ont creusé ces kilomètres de tunnels pour poursuivre leurs guérillas dès l&#8217;occupation française.  Les premiers tunnels de Cu Chi sont longs de 40 km et remontent à 1948.  Ils se trouvent dans une plantation d&#8217;hévéas et servaient à dissimuler les armes et à se cacher.  À partir de 1960, les Viêt-cong ont entrepris de les réhabiliter et agrandir le réseau jusqu&#8217;à 250 km.  Leur but était de relier les foyers de résistance pour servir de base arrière aux actions menées à Saigon.  Ces tunnels étaient très difficiles à creuser car le sol d&#8217;argile était dur, mais son avantage résidait dans sa capacité de résister au passage des tanks et aux bombardements.   Ces tunnels utilisaient les matériaux volés dans les bases ennemis ou pris à la suite des bombardements.  Ces tunnels sont très étroits: 80 cm par 80 cm.  Les Vietnamiens y pénétraient délicatement et de justesse.  Aujourd&#8217;hui il a fallu creuser un tunnel plus large pour permettre aux touristes de faire l&#8217;expérience, à mon avis terrorisante, de circuler à quatre pattes dans ces tunnels.  Je m&#8217;y suis retrouvée face à face avec une chauve-souris.  Mauvaise expérience&#8230;.  Il était impossible aux américains d&#8217;y pénétrer, ils étaient trop grands et trop costauds.  Les Vietnamiens ont une ossature fragile et petite.</p>
<p>Tout y est dans ces tunnels: hôpital, centre de commandement, dortoirs, cuisine etc&#8230;  Pour éviter que l&#8217;ennemi ne découvre leur site, ils avaient créé des fourmilières artificielles, percées de petits trous servant à l&#8217;aération, surtout pour la fumée de cigarettes.  La fumée se refroidissant avant d&#8217;arriver à la sortie, elle sortait à la même température que l&#8217;air, ce qui assurait que la fumée reste au niveau du sol.  Dispersées tout autour de ces tunnels, des trappes profondes servaient de pièges pour l&#8217;ennemi aventurier.  L&#8217;ennemi tombait dans le trou et son corps était déchiré et transpercé par des lances verticales qui l&#8217;attendaient au fond du trou.  L&#8217;horreur était au rendez-vous.  La trappe se refermait sur le corps du malchanceux qui ne mourait pas tout de suite, mais se blessait suffisamment pour être infecté sérieusement.  C&#8217;est ainsi que les soldats américains pouvaient entendre crier leurs collègues sans jamais savoir où ils étaient tombés.  Cette visite était difficile mais extrêmement révélatrice sur cette triste période.</p>
<p>Un peu plus loin, en bordure du Cambodge, on arrête dans un temple Caodîste où nous découvrons cette religion fondée vers 1920, par des prisonniers qui, pour survivre, se sont réunis pour adorer leur dieu respectif et ainsi, s&#8217;unir en une seule religion visant à s&#8217;adresser directement au ciel.  Cao Dai signifie d&#8217;ailleurs &laquo;&nbsp;directement au ciel&nbsp;&raquo;.  Ce temple, très visité par les touristes, est une curiosité et la cérémonie est pour le moins étonnante.  Les touristes sont installés sur le périmètre en haut à l&#8217;intérieur de cet immense temple pendant qu&#8217;en bas, des moines, hommes et femmes, habillés de couleurs différentes selon leur niveau hiérarchique, procèdent à la cérémonie religieuse.  Ce grand temple caodaïste est à la fois pagode, cathédrale et temple.  Son style sino-vietnamien a de quoi déconcerter.</p>
<p>Une visite d&#8217;une journée dans le Delta du Mékong ramène à la mémoire toute la littérature de Marguerite Duras.  En arrivant, on a l&#8217;impression de connaître les lieux.  Néanmoins il fait moins chaud que dans les descriptions de Marguerite Duras.  C&#8217;est peut-être à cause de la période de l&#8217;année.  Le Mékong c&#8217;est le grand fleuve d&#8217;Indochine, reconnu pour ses crues importantes.  Le delta du Mékong est étonnamment populeux.  On compterait 16 millions d&#8217;habitants vietnamiens ici.  Nous montons dans une barque pour effectuer notre visite de ce delta.  On y voit une activité très grande et pas seulement touristique.  On voit beaucoup de barges remplies de sable destiné à la construction.  On voit des lys d&#8217;eau et des &laquo;&nbsp;arecs&nbsp;&raquo; cet échassier élégant qui symbolise la femme au Vietnam et, qui passe son temps dans les rizières en quête de nourriture pour ses petits.   Nous passons plusieurs îles à partir de My Tho.  Nous voyons le pont de 5 km construit en coopération avec les Australiens et qui relie le Vietnam au Cambodge.</p>
<p>En arrivant à l&#8217;île de la Tortue nous descendons pour prendre un carrosse d&#8217;une autre époque, tiré par un cheval, qui nous conduira à travers les champs et les rizières jusqu&#8217;à un semblant de restaurant au milieu du delta, où nous goûterons au fameux poisson appelé &laquo;&nbsp;oreilles d&#8217;éléphant&nbsp;&raquo;.  Grillé sur un feu, ce poisson est servi verticalement entre deux supports de bois en forme de V.  La serveuse nous aide pour le service car nous sommes visiblement impressionnées par cette manière de présenter ce poisson délicieux.   Nous goûterons aussi durant la promenade à un thé au miel.  Un autre délice vietnamien que nous apprenons à préparer.  Enfin, la visite se termine par une ballade dans une pirogue pour parcourir le canal où nous sentons encore plus fortement, les impressions des livres de Marguerite Duras&#8230;.  Ce grand fleuve prend sa source en Chine.  Il y a plusieurs barrages hydroélectriques sur le Mékong:  3 en Chine, et plusieurs autres en construction aussi au Laos et au Cambodge.  Cela cause des conflits fréquents.  La Commission de la rivière Mékong regroupe les quatre membres que sont le Cambodge,  le Laos, la Thaïlande et le Vietnam.  Tous ces pays sont aux prises avec l&#8217;équilibre fragile d&#8217;une croissance économique, d&#8217;une protection de l&#8217;environnement et de la subsistance des populations locales.  Dans le cas du Mékong, la décision de chacun des membres risque d&#8217;affecter sérieusement la vie de la population des autres, d&#8217;où les délais nombreux.</p>
<p>Les derniers jours de notre périple vietnamiens se déroulent à Mui Né, une station balnéaire à 200 km environ à l&#8217;est de Saigon.  C&#8217;est un endroit magnifique où les nombreuses dunes de sables parsemées de pins, et la mer juste à côté, offrent un paysage merveilleux.  L&#8217;hôtel est un centre de villégiature très couru où nous retrouvons des allemands, des américains, des anglais, des australiens, des français etc&#8230; Le directeur est un américain de 66 ans de San Francisco qui s&#8217;y est établi pour finir ses jours ici.  Il est très gentil et nous offre un vin et fromage tous les jours à 17 heures.</p>
<p>Pour se rendre à Mui Né nous avons emprunté le nouveau tunnel à la sortie de Saigon.  Il avait été inauguré la veille!  Nous avons traversé le quartier de haute technologie et pris la route principale du Vietnam en ce sens que, c&#8217;est encore la seule route entre Saigon et la capitale Hanoi.  Un trafic terrible de camions et de caravanes circulent continuellement sur cette route bien qu&#8217;il ait été moins lourd à l&#8217;aller qu&#8217;au retour car nous savons quitté Saigon la fin de semaine.  Étonnamment, nous avons traversé plusieurs villages très catholiques!  Des statues de la Vierge Marie, de Saint Joseph ou du Christ sont dispersées non seulement devant les églises, mais jusque sur les balcons des maisons.  Cela fait une curieuse impression pour un pays communiste.  Mui Né, c&#8217;est le Vietnam de tourisme et de vacances.  Il y a peu de Russes mais beaucoup d&#8217;Européens.  C&#8217;est une clientèle sympathique et assez confortable.  Nous y avons rencontré une allemande du nom de Marion qui voyageait seule mais dans un groupe et qui était fort sympathique.  Comme nous, il s&#8217;agissait de la fin de sa visite au Vietnam et  elle rentrait chez elle, à Cologne, en fin de semaine.  Plusieurs tours finissent leur séjour ou le commencent ici.  Il est étonnant de ne pas avoir vu d&#8217;oiseaux sur cette plage.  Par contre on y a recueilli des coquillages et une magnifique étoile de mer.  Tous les matins le temps est beau et doux.  En début d&#8217;après-midi le vent se lève et progresse jusqu&#8217;au coucher du soleil!  Puis le soir il fait de nouveau doux et beau.  Nous n&#8217;avons pas trouvé l&#8217;explication de ce phénomène sauf les caprices de dame nature&#8230;</p>
<p>Le retour sur Saigon après 4 jours est très long car la route est très encombrée.  Nous faisons nos derniers achats le lendemain, avant de prendre notre avion.  Les vols seront longs et nous nous préparons psychologiquement pour ce retour.</p>
<p>Si on veut découvrir le Vietnam il faut s&#8217;égarer du circuit traditionnel qui, à notre avis limite la compréhension de la complexité de la vie de ce pays.  Nous avons l&#8217;impression de terminer une découverte d&#8217;un pays qui ne sera plus le même demain&#8230;..</p>
<p>Références:</p>
<p>1.  <span style="text-decoration: underline;">Vietnam,</span> Guide Vert Michelin, 2011</p>
<p>2.  <span style="text-decoration: underline;">Vietnam, </span>Lonely Planet, 9ième édition, français</p>
<p>3.  <span style="text-decoration: underline;">Vietnam</span>, Bibliothèque du voyageur Gallimard, 1999</p>
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		<title>Une femme exceptionnelle</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 14:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administratrice</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pauline Marois,  Une femme exceptionnelle 
Depuis quelques mois, tout le Québec découvre la vraie Pauline Marois. Celle que j’ai côtoyée comme collègue au conseil des ministres et celle que j’ai découverte lorsque je fus présidente de son caucus de députés.
À ceux qui doutent de la sincérité de Pauline Marois, je dis: voilà une femme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Pauline Marois,  Une femme exceptionnelle </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelques mois, tout le Québec découvre la vraie Pauline Marois. Celle que j’ai côtoyée comme collègue au conseil des ministres et celle que j’ai découverte lorsque je fus présidente de son caucus de députés.</p>
<p style="text-align: justify;">À ceux qui doutent de la sincérité de Pauline Marois, je dis: voilà une femme exceptionnelle. Toutes les mesquineries et les méchancetés qui lui ont été faites ne l’ont pas empêchée de relever la tête et de poursuivre dans la voie qu’elle s’est tracée.  Malgré les pièges nombreux sur sa route, elle poursuit avec une détermination calme son objectif de donner aux Québécois la chance de vivre dans un pays qu’ils auront choisi.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle vient de traverser une période tumultueuse qui lui a valu des coups en bas de la ceinture de la part de ses amis d’hier. Jamais elle ne les a attaqués.  Elle a répliqué pour corriger les erreurs et les mensonges et elle a calmement poursuivi sa route.  Je connais peu de gens qui auraient eu la même élégance.</p>
<p style="text-align: justify;">Si certains Québécois doutaient de l’engagement de cette femme envers une vision du Québec moderne, je leur suggère de réfléchir.  Une chef de parti qui traverse avec autant de courage de telles épreuves peut réussir à diriger le Québec vers son plein potentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette femme, qui a arraché au gouvernement fédéral la fin de l’école confessionnelle au Québec, vient de prouver devant tous qu’elle peut guider le Québec.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, elle mérite plus qu’un coup de chapeau.  Elle mérite notre admiration, notre appui et notre vote pour changer les choses et faire progresser le Québec au rang des grandes nations.</p>
<p style="text-align: justify;">Rita Dionne-Marsolais</p>
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		<title>le mirage de la coalition Legault</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Feb 2011 01:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rita</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[“La population ne veut pas de la souveraineté” alors on arrête d’en parler et on travaille à s’entendre sur les moyens d’améliorer le Québec.  Intéressant mais insuffisant.  Dans les faits la population ne veut jamais d’élection non plus.  La population veut un sauveur qui lui offrira des conditions pour un avenir sans heurts.  Cela n’existe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">“La population ne veut pas de la souveraineté” alors on arrête d’en parler et on travaille à s’entendre sur les moyens d’améliorer le Québec.  Intéressant mais insuffisant.  Dans les faits la population ne veut jamais d’élection non plus.  La population veut un sauveur qui lui offrira des conditions pour un avenir sans heurts.  Cela n’existe pas.  L’avenir est fait d’inconnus et d’obstacles comme d’opportunité.  Les leaders politiques doivent amener la population à saisir ces opportunités et à faire face sereinement aux obstacles le cas échéant.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">La coalition Legault me semble bien loin de tout cela.  C’est une coalition pour aider l’administration publique à améliorer ses façons de faire.  C’est une solution de dirigeant d’entreprises qui savent faire preuve d’efficacité et qui ont réussi.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">Un peu trop simple à mon avis parce que le problème de l’avenir du Québec c’est son absence de contrôle sur les outils de réussite de cet avenir.  Une entreprise, comme un gouvernement qui ne contrôle pas ses entrées comme ses sorties de fonds ni les lois ou règlements qui encadrent ses opérations ne peut pas contrôler son avenir ni sérieusement &laquo;&nbsp;améliorer&nbsp;&raquo; ses chances de succès.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">En mai 2005, François Legault a présenté un document sur les finances du Québec intitulé &laquo;&nbsp;Finances d&#8217;un Québec souverain&nbsp;&raquo;.  Dans ce dernier il présentait des tableaux de revenus et de dépenses du Québec de 2005 à 2009-2010 selon que le Québec soit une province ou un pays.  Il estimait que le statu quo constitutionnel du Québec entraînerait un manque à gagner du Québec de 3,3 milliards de $ sur la période de 2005 à 2010.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">Les chiffres de la réalité financière du Québec ont donné des résultats encore pire.  Selon le budget du Québec déposé il y a un an, c&#8217;est un déficit de 4,3 milliards pour 2009-2010 seulement avec ses revenus de 62,6 milliards$ et des dépenses 66,9 milliards$.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">Quelle que soit la rigueur dans la gestion ou le leadership dans le diagnostic, le Québec est face à un mur qui ne peut que s&#8217;épaissir à moins que l&#8217;on ne change fondamentalement non seulement nos façons de faire mais aussi la provenance de nos fonds et le contrôle de nos lois.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">Je veux bien qu&#8217;il ne défende plus la souveraineté du Québec, mais la raison d&#8217;être de la souveraineté sur le plan financier demeure.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">Rita Dionne-Marsolais</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 14.0px Times New Roman">(a été Ministre du Revenu sous le gouvernement de Parti Québécois)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mon voyage en Inde 2010</title>
		<link>http://www.ritadionne-marsolais.org/2011/01/mon-voyage-en-inde-2010/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2011 14:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rita</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Un voyage d'un mois en Inde en novembre 2010 fut une expérience fascinante.  Cet article le décrit....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En novembre 2010 j’ai eu le bonheur de faire un voyage extraordinaire en Inde avec une ancienne collègue de l’Assemblée Nationale, Lucie Papineau (députée de Prévost 1997-2007).  Après une longue recherche et une démarche rigoureuse j’ai contacté une agence locale du nom de « services international » mais que l’on peut également retrouver aujourd’hui sur le Web sous le vocable « make your own trip &#8211; India ».</p>
<p><a href="http://www.ritadionne-marsolais.org/wp-content/uploads/2011/01/P1010015.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-332" title="P1010015" src="http://www.ritadionne-marsolais.org/wp-content/uploads/2011/01/P1010015.jpg" alt="P1010015" width="450" height="347" /></a></p>
<p>Grâce à cette agence et aussi à des amis de Delhi nous avons pu préparer un itinéraire intéressant qui nous a conduit de Delhi vers le Rajasthan et ensuite jusqu’à Agra, Khajurâho et Vârânasî en Uttar Pradesh.</p>
<p>Le vol vers Delhi depuis Montréal est long et très fatiguant.  Nous avons quitté Montréal le soir pour Amsterdam (6+ heures de vol) d’où nous prenions un autre avion pour Delhi environ quatre heures plus tard (8 heures de vol).  Les deux avions étaient complets.  Heureusement grâce à deux sièges d’allées nous avons pu avoir un peu d’espace pour bouger.  Les vols ont été sans histoire et KLM demeure à mon avis, l’une des meilleures compagnies aériennes pour des vols longs courriers…</p>
<p>Arrivée à Delhi l’inquiétude et la curiosité étaient au rendez-vous.  Un climat très différent de celui du Québec il va sans dire.  Une chaleur humide mais pas trop étouffante à cette période de l’année et à cette heure avancée nous a accueillies dès notre descente d’avion.  Heureusement grâce aux derniers jeux du Commonwealth un mois avant, le nouvel aéroport de Delhi est aujourd’hui moderne, propre et clair.  Aucun dépaysement pour les nord-américains que nous sommes si ce n’est la langue hindi incompréhensible et l’anglais parlé par plusieurs de manière très difficile à comprendre également.</p>
<p>Notre agence était à l’accueil à l’arrivée de même que les amis de Delhi.  C’est une joie d’être accueilli par des amis et rassurant de voir les représentants de notre agence également.  Ensemble nous partons pour l’appartement de nos amis en suivant leur voiture à travers des routes sinueuses.</p>
<p>La route jusqu’à Gurgeon en banlieue de Delhi est cahoteuse, bruyante et achalandée même à cette heure tardive (22heures).  On se croirait dans une ville bombardée.  L’air est pollué, les rickshaws (une bicyclette à trois roues à pédales avec un siège recouverte d’un toit derrière le chauffeur), les triporteurs appelés tucks tucks (une sorte de véhicule à moitié fermé à trois roues  avec siège derrière le chauffeur), les camions et les voitures se disputent la route.  La conduite est plus que sportive et les indiens n’ont pas encore visiblement compris le code de la route s’ils en ont un.  D’ailleurs le métier de chauffeur dans ce pays est un métier que l’on apprend sur le tas et cela se voit…  On conduit à quatre de front sur une route faite pour deux voitures.  Le klaxon est l’outil de prédilection pour les voitures comme la sonnette pour les rickshaws.  Il ne faut pas avoir le cœur fragile pour regarder la route mais on s’habitue et on évite de regarder devant.  De toute façon l’environnement est tellement différent pour un occidental que tout est à voir!  Tout est étonnant.</p>
<p>En arrivant chez nos amis on règle le solde de notre voyage auprès du représentant de l’agence avec nos cartes de crédit car nous n’avions pas voulu donner toutes nos informations de crédit par courriel.  Les indiens sont très accommodants.  Plus tard nous apprendrons que dans la religion hindoue il faut toujours faire plaisir aux visiteurs et attirer la reconnaissance pour gagner des sortes d’indulgences qui serviront en fin de vie dans le bilan des bonnes et des mauvaises actions.  En effet,  les hindous croient à la réincarnation et si leur vie n’a pas été assez généreuse ils devront  revenir sur la terre pour la reprendre et pas toujours sous une forme agréable.  C’est un peu bref comme commentaire mais cela traduit l’idée générale.</p>
<p>En rentrant à l’appartement nous  remettons les produits québécois apportés pour les amis.  Nous causons et partageons le verre de l’amitié.  C’est réconfortant après ce long voyage.  Un peu plus tard, mais très tard pour nous, nous nous retirons chacune dans notre chambre avec notre propre salle de bain.  L’appartement est vraiment très confortable, dans l’une de ces grandes tours récentes avec tous les services incluant le tennis, la piste de jogging et la piscine… Ils se trouvent juste en face d’un club de golf privé (Links) que j’aurais bien aimé visiter…  Il y a d’ailleurs plusieurs clubs de golf à Delhi tous plus verts les uns que les autres.  Les britanniques savaient profiter de la vie dans un pays où il est possible de jouer au golf pratiquement à l’année et même en soirée!… Étonnant pour un pays où l’électricité est très coûteuse et l’eau plutôt précieuse…</p>
<p>Après une bonne nuit de sommeil bien appréciée nous découvrons les habitudes de la maison.  Après le petit déjeuner et la lecture du journal « Times of India » nous sommes prêtes pour la découverte de Delhi!  D’abord un saut dans Gurgeon où se trouve l’appartement.  C’est une banlieue au sud de Delhi où logent plusieurs étrangers et des indiens plus fortunés, ainsi que des filiales d’entreprises occidentales surtout des centres de traitement de données ou de services administratifs.  Cela me fait penser à l’ouest de l’île de Montréal.</p>
<p>Nous apprenons que nous sommes à quelques jours du Diwali, fête du jour de l’an hindou.  La coutume veut qu’il y ait échange de cadeaux à cette occasion.  Pour nous faire connaître et mieux comprendre l’Inde, nos amis ont prévu une visite dans la famille d’un employé pour le lendemain dimanche.  Il faut donc acheter des cadeaux soit de jolies boîtes de noix variées.  Pour ce, nous visitons un premier petit centre commercial dans Gurgeon et on en profite pour découvrir quelques commerces locaux et les principaux fournisseurs.  Nous observons le boucher avec le couteau entre les orteils, le ou plutôt les nombreux cordonniers, les tailleurs, les barbiers de la rue et l’épicerie moderne où les locaux s’approvisionnent.</p>
<p>Ce qui est frappant c’est le sourire des gens, leur gentillesse, leur intérêt envers nous.  Nous pensons que c’est parce qu’ils reconnaissent nos amis mais nous constaterons tout au long du voyage que cela est une caractéristique de ce peuple accueillant envers les étrangers.  Une première exploration de Delhi en voiture nous permet d’apprendre que pour entrer dans Delhi chaque voiture doit  payer une taxe.   C’est d’ailleurs le cas à chaque fois qu’une voiture entre dans une autre province.</p>
<p>Aujourd’hui Delhi est la capitale de l’Inde et le centre politique et commercial de l’Inde.  Mais cela n’a pas toujours été le cas.  En fait il y a eu au moins huit villes de Delhi au fil des siècles dont le vieux Delhi et la nouvelle Delhi.  La première ville a été érigée par les Rajpoutes (hindou) au 8ième siècle.   Dans le dernier royaume hindou du début 12ième siècle Delhi gravitait autour du monument Qutb Minar (dans le sud du Delhi d’aujourd’hui). Le vieux Delhi au nord de la ville a par la suite été une capitale à la fois sous les Moghols et les différents sultanats (musulmans) selon les conquêtes.  Au 14<sup>ième</sup> siècle sous le dernier sultanat elle fut même la ville la plus riche du monde.  Le pouvoir du sultanat décline par la suite et est remplacé par l’empire moghol fondé au 16<sup>ième</sup> siècle par Babur qui règnera sur le nord de l’Inde. Delhi sera toutefois repris par le roi perse Nadir Shah au 18<sup>ième</sup> siècle.</p>
<p>C’est lors d’un saccage effrayant de Delhi en 1739 par les perses sur les Moghols que le célèbre diamant Kohinoor (le plus gros au monde) a été exposé.  Ce célèbre diamant fait maintenant partie des joyaux de la couronne Britannique à Londres à la suite de la prise de la ville par les Britanniques  en 1803.</p>
<p>Néanmoins des comptoirs commerciaux avaient été établis à Delhi par Vasco de Gama en 1498 pour les Portugais suivis plus tard par les Hollandais, les Français et enfin les Anglais avec la « East Indian Company » qui chassèrent les Français du Bengale!  La domination de la Compagnie des Indes orientales se termine en 1857 alors que la Couronne britannique prend charge de l’administration du pays et nomme un vice-roi représentant la souveraineté de l’empire britannique en 1858.  Ce n’est toutefois qu’en 1931 que les Britanniques ont officiellement inauguré Delhi comme capitale impériale au détriment de Calcutta.</p>
<p>Notre première visite de Delhi nous fait voir certains monuments historiques comme l’Indian Gate, offerte par les britanniques en hommage aux 85 000 soldats Indiens morts  pour l’Angleterre lors de la première guerre mondiale.  Tout près se trouve l’allée bordée par les édifices gouvernementaux et au bout de laquelle siège le très grand palais présidentiel.  Cette rue se nomme le Rajpath et fait penser aux Champs Élysées sans les commerces.  Nous admirons la magnifique sculpture symbolisant la marche de Gandhi vers l’indépendance à un rond point important de la ville.  Nous reverrons d’ailleurs cette même sculpture ailleurs dans le pays.</p>
<p>Le vieux Delhi a conservé la mosquée du vendredi appelée Jama Masjid érigée en 1644.  De nombreux bazars et marchés se retrouvent autour de celle-ci qui à l’occasion du Diwali offrent toutes sortes d’objets, de tissus, de papiers, de soieries, de vêtements…  Une visite en rickshaw dans le vieux Delhi est fascinante et nous permet d’observer les écoliers en uniformes impeccables de couleurs différentes, et  tous plus souriants les uns que les autres.  Des foules partout et des femmes qui négocient des tissus ou autres objets domestiques et même des papiers de toutes sortes.  C’est l’occasion d’apprendre que nous sommes en pleine saison des mariages.</p>
<p>La coutume selon laquelle les parents choisissent les futurs époux existe dans 80 à 99% des mariages.  Quel que soit l’âge des enfants on discute entre parents et on évalue les chances de succès à partir des horoscopes de chacun des enfants.  On négocie les conditions du mariage, surtout en ce qui concerne la dote de la future épouse.   On fixe  la date de la cérémonie également selon les bons augures de l’horoscope.  Nous apprenons que l’amour vient après le mariage en Inde…</p>
<p>Comme la période de notre séjour était très propice aux mariages, d’immenses tentes éclairées et colorées pour l’occasion surgissent partout  à travers la ville.  Plusieurs magnifiques feux d’artifices éclatent dans le ciel pratiquement tous les soirs durant notre séjour, une coutume faisant partie des célébrations du mariage.  En même temps, le journal fait état presque tous les jours de femmes retrouvées mortes dans les champs, dans leur cuisine, sur les voies ferrées ou ailleurs.  Nous apprenons que si la dote convenue lors des négociations du mariage n’est pas complètement livrée le harcèlement de la nouvelle épouse peut conduire à la fin de sa  vie soit par suicide ou assassinat!</p>
<p>Ce phénomène de la dote crée un énorme désavantage pour les filles d’où le désir d’accoucher d’un garçon et les interruptions de grossesses qui s‘en suivent.  Cela inquiète à tel point le gouvernement qu’il fait de  la publicité sur la nécessité des femmes dans la société avec des slogans comme « que serions-nous sans les femmes ».  À première vue cette publicité fait sourire, mais quand on en comprend la raison d’être, elle inquiète.</p>
<p>Notre journée s’est terminée par la visite d’une grande exposition ou plutôt d’une foire de produits de toutes les régions de l’Inde au centre de Delhi.  Le retour à la maison est long et pénible avec des embouteillages continuels.  Heureusement il n’y a pas de péage pour sortir de Delhi…</p>
<p>Les expériences se poursuivent les jours suivant avec des visites dans le vieux Gurgeon où l’activité est fébrile dans les rues ou plutôt les ruelles qui sont de véritables fourmilières.  C’est notre première expérience des motos à 5 personnes, des enfants qui veulent se faire photographier, des bazars bondés et des policiers observant le tout dans la plus totale indifférence.  On remarque cette indifférence policière partout.  Ils attendent quelque chose avant d’agir, mais quoi?</p>
<p>Il semble que la corruption soit généralisée en Inde.  Elle existe dans toutes les sphères de l’administration publique.  Des policiers jusqu’aux membres des gouvernements (provinciaux ou fédéral).  On rapporte des cas de corruption tous les jours dans les journaux.  D’ailleurs durant notre séjour deux ministres étaient sur la sellette pour avoir « fait fortune » durant la période préparatoire aux jeux du Commonwealth venant de se terminer.  Un ministre a d’ailleurs démissionné durant notre séjour.  Cette corruption serait un vieil héritage de l’ère britannique.  En effet, depuis l’existence de la Compagnie des Indes orientales, les britanniques considéraient l’Inde comme le « joyau de la Couronne » car les recettes dégagées en Inde conféraient une véritable prospérité à l’Angleterre.  La corruption faisait rage parmi les officiers britanniques, gouverneurs compris et les habitudes n’ont pas changé au moment de la prise de contrôle par le gouvernement britannique.  Ces habitudes seraient bien ancrées dans la vie indienne et constituent encore aujourd’hui le plus gros frein au développement de ce pays.</p>
<p>Durant ce premier séjour à Delhi on découvre l’opulence et l’indigence.  L’opulence de l’hôtel Méridien où nous avons pris le lunch avec l’élite indienne.  L’indigence dans les nombreux abris de fortune bordant les rues de la ville et dans le vieux Delhi où nous avons pris un bon repas authentiquement indien chez « Karim », le plus vieux restaurant de Delhi recommandé dans tous les guides.  La misère est moins apparente  que je ne l’aurais cru probablement parce que  le Président des Etats-Unis est attendu et visiblement on a fait le ménage pour l’accueillir!  Comme dans tous les pays en voie de développement, le luxe des grands hôtels est inversement proportionnel à la misère des pauvres installés le long des rues et surtout près des hôtels de grand luxe.</p>
<p><strong>Vers la découverte de l’Inde des Maharajahs &#8211; le Rajasthan </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Sous le règne colonial, le Rajasthan s’appelait « Rajputana » ou terre des Rajpoutes.  Les « Raja » ou « fils des rois », étaient des guerriers nomades venus s’installer dans cette région.  Il était fragmenté entre plusieurs royaumes marqués par ces puissants « fils des rois » qui se réclamaient de la lignée légendaire du Soleil, de la Lune, ou du Feu.   Ce n’est qu’au 16<sup>ième</sup> siècle que la prospérité des rajpoutes a commencé à décliner alors que des Afghans, des Turcs, des Perses, et des Moghols envahissaient tour à tour cette région.  Malgré cela, le Rajasthan a résisté aux Anglais quand ces derniers s’emparèrent du Bengale en 1757 mais perdirent graduellement de leur pouvoir.   À l’indépendance en 1947, 23 des 36 souverains s’unirent pour former l’État du Rajasthan, « la terre de Rajas ».</p>
<p>Après ces quelques jours à Delhi, nous sommes à l’aise dans ce pays à découvrir et nous quittons le matin avec notre chauffeur Sikh dans une jolie voiture de marque « ambassador » blanche impeccable.  Nous constaterons plus tard qu’il s’agit de la même voiture que les véhicules officiels du gouvernement!  Notre chauffeur est à l’heure.  Il se nomme Ram Singh.  Il est à première vue austère et sérieux mais, comme tous les indiens il a un sourire attachant.  Après les salutations d’usage nous nous informons des conditions de conduite, de la route, de la température …</p>
<p>La communauté Sikh forme environ 2% de la population indienne.  Depuis sa création par un gourou (Nanak) au 15<sup>ième</sup> siècle cette religion découlant de l’hindouisme a développé une identité propre facilement reconnaissable.  Coiffés d’un turban, les sikhs portent tous le nom final de Singh (lion).  Ils ne se coupent jamais les cheveux, laissent pousser la barbe et considèrent comme une obligation de porter un « Kara », sorte de  bracelet métallique. Ils s’opposent au système de castes, et comme l’Islam, ils rejettent le culte des idoles mais reconnaissent les notions de « karma » et de renaissance.  Dans leurs rituels, les sikhs sont très proches des hindous et les mariages entre les deux communautés sont fréquents.  Selon la doctrine du « karma » (actions personnelles) le statut, voire la forme, de notre prochaine vie dépend de nos actes durant notre existence en cours.</p>
<p>Nous quittons Gurgeon pour le <strong>Shekhavati </strong>avec pour destination Nawalgarh.  Ce sera le lieu de notre première nuit.  En route nous apprenons que pour conduire en Inde il faut trois choses: « good brakes, good horn and good luck ».  Nous espérons que la voiture aura les deux premières qualités et que le chauffeur possédera la troisième.</p>
<p>En route nous passons Faradabad avec ses bidonvilles, une petite ville au sud  de Delhi que nous avons déjà visitée avec nos amis pour découvrir la vie d’une famille type.  Nous y avons visité une maison et le village et avons pu en apprendre beaucoup sur les conditions de vie indienne.</p>
<p>La route est très mauvaise et cahoteuse à souhait.  En route nous observons les femmes aux champs dans leurs saris de toutes les couleurs et souvent avec des enfants qui courent à côté.  Une campagne vibrante de vie où les femmes transportent du bois, des urnes généralement remplies d’eau et toutes sortes d’autres choses sur leur tête. Quelques hommes tirent les chameaux pendant qu’une femme dirige la herse dans le champ.  Malgré l’école obligatoire, plusieurs enfants travaillent au champ soit parce que la famille a besoin de leurs bras, ou que l’école n’est pas accessible à cause de la distance ou tout simplement par manque de place.</p>
<p>Partout il y a des temples consacrés à différents dieux: Vishnu à la tête de serpent, Gamesh à la tête d’éléphant, Hanuman à la tête de singe, et Shiva avec son symbole phallique.  Avec la déesse Lakshmi à la tête de hibou ce sont les divinités que l’on retrouve le plus souvent.  Vishnu est le plus grand des dieux celui de la vérité et de la vertu.  Il prend les apparences de Krishna, Rama et de Bouddha.  Sa femme Lakshmi est la déesse de la prospérité.  Shiva est le dieu de la vie.  Malgré les nombreux commentaires des guides, ce sont les principaux dieux  dont nous avons retenu les qualités dans l’éventail des millions de dieux.</p>
<p>Les Indiens sont très religieux et chaque hindou se signe quand il croise un temple sur sa route.  L’hindouisme est la seule religion dont il n’existe aucune trace du fondateur et qui ne possède aucun livre saint qui fasse véritablement autorité.  C’est une religion très individuelle qui accepte la validité de plusieurs chemins menant au même but.  Parallèlement à cette tolérance subsiste encore aujourd’hui une adhésion aux distinctions entre castes.</p>
<p>Jusqu’au début du vingtième siècle, le Shekhavati était sur la route des caravanes assurant le commerce de l’opium, du coton et des épices.  Il reliait les ports du Gujarat au centre de l’Inde.  Ce fut une région prospère jusqu’à ce que les ports de Calcutta et de Bombay prennent le relais de ce commerce.  Les  riches marchands habitant ces régions y ont bâti des demeures luxueuses appelées « Haveli » aujourd’hui abandonnées au profit de Calcutta ou de Bombay.   Ils y ont construit aussi des cénotaphes, des réservoirs, des temples décorés de fresques entre 1760 et 1920.   Tous les bâtiments sont sculptés dans la pierre et décorés de fresques encore bien conservées notamment à Nawalgarh, Dundlod, Mandawa et Fatehpur.</p>
<p>Aujourd’hui ces marchands et leurs familles ont quitté ces Haveli  mais en sont encore propriétaires. Heureusement certains laissent des occupants pour que ces demeures ne se détériorent pas trop.  C’est curieux de visiter ces immenses demeures alors que les gens de la maison vaquent à leurs occupations: cuisine, ménage, et travail sur ordinateur pour les autres.  Certains y vendent même des produits artisanaux en tissu ou en bois, faits par eux ou par d’autres.  On nous dit que ces villes sont habituellement peu animées mais comme nous sommes en pleine préparation du Diwali, la ville est très active avec vendeurs, autobus locaux et touristiques, acheteurs ambulants&#8230;  C’est incroyable de voir toute cette animation, ces klaxons, ces cris, ces motos partout… et la foule!  Nous sommes très heureuses de rentrer dans notre Haveli en fin de journée, un hôtel de charme où nous dormirons confortablement deux soirs… Cela fait du bien après tant de route.</p>
<p>C’est un des rares Haveli convertis en hôtel à Nawalgarh.  Ce fut une belle expérience. Cette demeure carrée très haute avec une cour centrale exposée à l’air libre et des quartiers réservés au commerce au salon du rez-de-chaussée, d’autres aux femmes aux étages (zenana), d’autres aux domestiques et aux étrangers offrent des terrasses sur le toit pour les soirées chaudes.  Aujourd’hui on sert les repas du soir sur la terrasse quand il fait trop chaud et le reste du Haveli est converti en chambres, salons. bars, fontaine …  Un séjour dans un autre temps!</p>
<p>Le lendemain nous quittons pour <strong>Bikaner</strong> et le désert de <strong>Thar</strong>.  La route est beaucoup plus belle.  Les champs semblent plus riches que ce que nous avons vu à date.  En effet, les cultures de légumes, de fruits et d’arachides abondent.  Cette année la mousson a été bonne.  Il a plu beaucoup et donc les champs sont très verts.  Toujours autant de gentillesse, de sourires, de femmes élégantes en sari travaillant aux champs et actives en ville pour les achats du Diwali.</p>
<p>La bonne qualité de la route est due à la présence de l’armée dans la région de Bikaner.  La proximité du Pakistan force l’Inde à maintenir une forte présence militaire dans la région du désert de Thar à Bikaner comme à Jaisalmer.  C’est une région très sensible.  L’impact de l’armée enrichit la région par le revenu régulier des militaires.  C’est définitivement une région avec un niveau de vie plus élevé qu’ailleurs à cause de ces emplois réguliers et de ces tours d’appartements réservés aux officiers.</p>
<p>Datant du 15ième siècle la forteresse de Bikaner est magnifiquement bien conservée.  Bikaner  n’ayant jamais connu la guerre on peut y voir dans le fort de Junagarh les écuries des chevaux et des éléphants, les jardins immenses et les sculptures du palais de Lalbagh, les temples et la splendeur du Durbar Hall ainsi que de nombreux Haveli dans la vieille ville.  La pierre admirablement sculptée et le bois travaillé sont pratiquement impeccables avec des fresques toutes plus belles les unes que les autres.  Le dernier maharajah mort en l’an 2000 n’a laissé aucun héritier mâle et sa fille, la princesse de Bikaner ne peut pas devenir maharajah.  Il n’y a donc plus de maharajah à Bikaner.  Notre hôtel Héritage Resort à Bikaner est magnifique et la cuisine y est superbe.  On en profite pour nager un peu car la piscine est bien attrayante après les visites.  Nous avons fait quelques beaux achats de pashmina (poil de gorge d’antilope) et soie, des châles, une miniature&#8230;  Les achats sont importants dans les visites en Inde pour laisser de l’argent directement dans les communautés!!!  On nous le fait comprendre clairement et souvent.</p>
<p>Le 5 novembre c’est le jour du Diwali ou jour de la lumière.  Nous partons pour <strong>Jaisalmer</strong>.  Nous y séjournerons deux nuits.  C’est un Heritage Inn avec un beau jardin et une superbe piscine.  Cela nous fera du bien car la route est fatigante même si elle est distrayante. C’est toujours amusant de lire à l’arrière des camions « please blow horn » ce qui doit être fait pour dépasser en sécurité relative.</p>
<p>Des animaux en liberté se baladent sur la route longue de 350 Km entre Bikaner et Jaisalmer.  Il y a des chameaux bien sûr mais aussi des antilopes, des chèvres, des moutons, des vaches, des chiens, des paons, des cochons sauvages, et toujours ces femmes aux saris colorés…</p>
<p>La forteresse militaire ocre, à notre arrivée, rougit au fur et à mesure que nous avançons vers elle et que le soleil descend.  C’est une forteresse qui fait penser à Carcassonne mais en beaucoup plus grand.  Nous profitons de notre arrivée pour visiter un groupe de cénotaphes des familles royales magnifiquement conservés à la porte de Jaisalmer.  On décide de prendre un apéritif  de l’autre côté de la rue pour observer le coucher du soleil devant la forteresse sur la terrasse d’un hôtel confortable avant de rentrer dans le nôtre.  Jaisalmer est la terre des descendants des princes de la lignée du dieu « Lune ».  C’est la plus ancienne capitale rajpoute.</p>
<p>Le lendemain, notre guide est écrivain et professeur.  Il nous expliquera le système des castes ou « varna » en hindi qui signifie également « couleur ».  Les brahmanes, dont il fait partie, sont les prêtres.  Les ksatriya sont les guerriers.  Les vaishya sont les marchands et négociants et les shudra sont les paysans.  Enfin, les intouchables ne forment pas de castes mais s’occupent des déchets et des tâches dont personne  ne veut s’occuper.</p>
<p>Notre guide prend sa journée de congé au lendemain du Diwali pour nous faire découvrir sa ville.  Comme la veille il y avait partout des feux d’artifices et les lampes à l’huile ayant brûlées toute la nuit la ville est sale mais calme après la fête.  On se promène dans la forteresse en grès jaune de Jaisalmer, on visite des Haveli extraordinairement sculptés dans la pierre du désert (Sandstone).  On visite également des temples jaïns du 12<sup>ième</sup> au 15<sup>ième</sup> siècle.</p>
<p>Nous arrêtons à un réservoir où une arche « sacrée » sert de porte d’entrée.  Cette arche abritait la demeure d’une célèbre danseuse (prostituée) qui y recevait des invités.  Ses activités au-dessus d’un ghât au bord d’un réservoir que l’on disait sacré étaient très contestées.  Le maharajah pour maintenir la paix a donc décidé que cette arche serait « sacrée » éliminant ainsi la cause de la discorde.  Une solution tout à fait indienne!  L’arrêt à la boutique de bijoux cette fois, à cause du riche passé marchand de cette ville, termine la visite.  J’achète un magnifique poignard ancien en argent.  Il me rappellera les rajpoutes et les dangers de la route des épices, de l’opium et du coton.  Je me gâte d’un bracelet en argent et turquoises typique de la région.</p>
<p>En fin de journée nous allons admirer les dunes de sables du désert de Thar à dos de chameau sous un soleil blanc de début d’hiver en terrain hautement militarisé aux portes du Pakistan!  Ce soir-là après un bon repas nous assistons à un spectacle de danse assez particulier.  Après observations attentives et quelques échanges nous comprenons qu’il s’agit d’un eunuque!  Quand nous en parlons avec notre guide le lendemain, celui-ci semble contrarié et hausse les épaules…</p>
<p>L’Inde compterait 750 000 transsexuels ou « hijra ».  Ils vivent généralement rassemblés en petites communautés sous la direction et la protection d’un gourou.  Plusieurs seraient hermaphrodites et beaucoup seraient castrés.  Ils vivent dans les villes et gagnent leurs vies comme artistes bien que beaucoup se prostitueraient.  Ils auraient le pouvoir de jeter un mauvais sort particulièrement efficace!   Il semble que la tradition des eunuques soit bien antérieure aux «zenana» (harems) moghols et même le « Kamasutra » (le livre ou code des plaisirs sexuels) indiquerait des positions spéciales convenant uniquement aux «hijra»!</p>
<p>Le lendemain, en route vers <strong>Jodhpur</strong>, la ville bleue, nous croisons beaucoup de vaches sur la route.  Selon notre chauffeur, les vaches font office de policiers sur les routes en Inde.  En effet, elles ralentissent la circulation.  C’est une réflexion typiquement indienne!  Cette région est plus peuplée avec plusieurs villages.  Avant d’entrer dans Jodhpur nous arrêtons à Vishnoy devant un grand édifice qui abrite des tailleurs travaillant des tissus magnifiques.   On nous dit qu’il s’agit d’une coopérative de la région où les femmes déposent les produits qu’elles fabriquent.  J’y fait l’achat d’un couvre-lit en pashmina et soie avec le design de  « l’arbre de vie » fait pour Hermès (nous dit-on) et deux pièces de vêtements qu’ils coudront pour nous selon nos choix de tissus et de modèles.  Le tout sera livré à notre hôtel d’Udaipur quelques jours plus tard.  J’ai l’impression d’avoir aidé une communauté!</p>
<p>Le fort de Meherangarh à Jodhpur est impressionnant.  On le rejoint après avoir traversé sept portes!  Sur les murs de l’une d’elle, nous voyons des empreintes de mains.  Ce sont celles des « sati ».  Ces veuves des maharajahs brûlées vives sur le bûcher funéraire de leur époux.  Encore aujourd’hui, les veuves n’ont pas de statut en Inde (ni les veufs d’ailleurs) or au décès du maharajah, ses épouses s’enlevaient la vie en s’immolant sur le bûcher où brulait le corps de ce dernier en conformité aux rites mortuaires hindous.  L’interdiction de cette coutume par les britanniques a été perçue comme une grave ingérence dans une coutume séculaire!</p>
<p>Le palais de ce plus grand fort de l’Inde est encore partiellement habité.  C’est un véritable musée où les pièces sont bien aménagées et les présentations de qualité.  Du haut de la forteresse on voit bien les toits bleus de la ville et c’est d’ailleurs la seule fois où nous aurons l’occasion de comprendre l’origine « bleue » de Jodhpur!  En regardant les nombreuses peintures ou dessins du palais nous observons que le visage des différents souverains est toujours le même quelle que soit l’époque.  Il semble que le visage des souverains n’ait jamais été peint à son image avant l’époque de l’empire britannique!  À l’extérieur de la ville un cénotaphe a été érigé par une Maharani (épouse du Maharajah) pour son époux.  On l’appelle aussi le petit Taj à cause de la qualité et de la provenance du marbre ainsi que de la finesse de l’architecture d’inspiration  à la fois arabe, indienne et chrétienne.  Notre hôtel Sheeram International n’est pas aussi beau que les autres même s’il est très confortable.</p>
<p>Ensuite c’est le départ pour <strong>Ranakpur</strong> et les forts du <strong>Mewar</strong>.  Ranakpur c’est le lieu des plus beaux temples jaïns dont celui de Risabji arborant 1444 colonnes de marbre sculptées différemment et le Temple du soleil avec d’autres sculptures admirables!  Après cette visite fascinante nous poursuivons notre route vers les sommets des montagnes du Mewar et la forteresse de Kumbalgarh.  En effet, l’hôtel prévu à Ranakpur est complet et l’agence nous a installées dans un autre hôtel dans les montagnes.  Avant de nous y rendre nous avons pris un repas dans un magnifique jardin de l’Hôtel Maharani Bagh Orchard.</p>
<p>La route de montagne vers Kumbalgarh est ardue et dangereuse par endroit.  Elle est d’ailleurs en construction et la circulation est très difficile surtout quand on rencontre des autobus que ce soit un autobus local ou touristique.  Au bout de ce chemin tortueux sur lequel nous voyons des puits de montagne, des temples et des marchés locaux, nous atteignons un oasis de paix juste aux portes du fort considéré comme imprenable de Kumbalgarh.</p>
<p>L’hôtel Aodhi appartient au maharajah d’Udaipur et fait partie du groupe HRH (His Royal Highness).  Il est absolument étonnant.  Il se trouve caché dans la montagne au cœur d’une réserve naturelle.  La chambre que l’on nous a réservée s’appelle « les tigres ».  Une magnifique suite de luxe avec salon, antichambre, salle de bains et balcon dans la verdure avec vue sur la piscine plus bas.  Le matin, les singes viendront nous saluer sur la terrasse.  On a l’impression d’être « Alice aux pays des merveilles »!  Cet hôtel assez grand donne pourtant l’impression d’être tout intime car toutes les zones sont dispersées à travers le site.  Aussi au repas du soir nous sommes étonnées de constater le nombre de salles à dîner.  La cuisine indienne ici est allégée pour nos goûts occidentaux.  C’est le seul endroit où nous avons pu avoir du vin français de grande qualité : un bordeaux grand cru classé Graves 2005!  Un pur plaisir pour le palais.</p>
<p>Avant le repas du soir, notre chauffeur nous fait découvrir un haut plateau non loin de la forteresse d’où nous pouvons observer le spectacle impressionnant de sons et lumières qui s’y déroule en Hindi.  C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas assisté au spectacle directement dans la forteresse.  La vue lointaine est encore plus impressionnante même sans suivre le détail de l’histoire que nous devrons lire dans nos guides car nous quittons le lendemain pour Udaipur et nous ne visiterons pas la forteresse.  Heureusement que j’avais ma lampe de poche car la noirceur de la nuit même à une heure assez  tôt en soirée (19:00 heures) est inquiétante sur ce plateau en pleine forêt.  Dans le noir un homme est assis sur les marches du plateau.  Il est enveloppé dans une couverture et échange quelques mots en Hindi avec notre chauffeur.  Il est difficile à voir dans le noir.  Il s’agit du gardien de ce site ouvert au public justement pour observer l’extraordinaire forteresse de Kumbalgarh.</p>
<p>On quitte cet endroit superbe de Kumbalgarh le matin à la pluie.  La route est tortueuse jusqu’à la route nationale.  Le long de cette dernière on voit d’autres puits à ciel ouvert, des barrages, des réservoirs, et on croise des enfants en route pour l’école ainsi que des dames toujours chargées de paquets sur la tête.</p>
<p>Arrivés à <strong>Udaipur</strong> notre hôtel est en ville tout près du City Palace.  C’est encore un hôtel du groupe HRH, le Garden.  En plus des chambres et des restaurants il abrite le garage de la collection de voitures du Maharajah d’Udaipur.  On peut d’ailleurs le visiter.  Notre chambre est beaucoup plus petite que les précédentes bien que confortable.  C’est la première fois que nous logeons  en pleine ville.  Il y a des avantages mais aussi des inconvénients quant au bruit.  Nous y séjournerons deux soirs.</p>
<p>Udaipur est une ville ravissante avec une succession de temples, de palais, de cénotaphes et de lacs.  Ses souverains sont de la descendance des princes du dieu « soleil ».  Visiblement les souverains qui y régnaient étaient visionnaires à en juger par les innovations d’approvisionnement en eau notamment.  D’ailleurs sous le régime colonial, le Maharana (titre honorifique supérieur au tire de Maharajah) du Mewar résidant à Udaipur était le chef reconnu des 36 États du Rajputana.  Udaipur c’était la maison royale du Mewar et ses habitants hindous n’ont jamais cédé devant l’envahisseur musulman.</p>
<p>Une balade en bateau sur le Lac Pichola nous permet d’observer le célèbre Lake Palace Hôtel anciennement la résidence d’été des souverains.  Nous débarquons pour prendre le thé et visiter l’île de Jag Mandir, où il y a également un hôtel où plusieurs souverains ont séjourné dans le passé.  Le soir venu nous avons assisté au spectacle de sons et lumières au Palais, en anglais cette fois. Nous avons pu faire le lien entre l’histoire de l’Inde et le Mewar.  Une histoire qui se complétera au fur et à mesure de nos prochaines visites.  La ville compte trois lacs ou plutôt trois grands réservoirs construits de mains d’homme où la population locale se retrouve pour se reposer, flâner, se baigner et même laver le linge.  Cette année les réservoirs sont très pleins à cause de la généreuse mousson.</p>
<p>Les palais d’Udaipur abritent encore la famille royale et le « Maharana ».  Ce dernier titre signifie « jamais vaincu ».  Le palais est très bien entretenu.  Nous y apprenons que le grand-père de l’actuel Maharana était paralysé des jambes et avait fait aménager un étage pour lui seul.  Il est décédé 7 ans après l’indépendance de l’Inde d’une grande tristesse et d’une grande honte.  Il avait accepté (comme les autres souverains de l’époque) de céder son royaume au bénéfice de la construction du nouveau pays unifié soit l’Inde d’aujourd’hui.  La constitution indienne reconnaissait des droits et des privilèges spécifiques aux souverains des différents royaumes mais les représentants des gouvernements ultérieurs ont tôt fait de ne pas les respecter.  Aussi le Maharana d’Udaipur avait tellement honte d’avoir cédé son royaume qu’il n’a jamais plus voulu sortir de ses appartements jusqu’à sa mort en 1954.</p>
<p>Notre visite nous entraîne dans la vieille ville pour voir le temple Jagdish datant du milieu du 17<sup>ième</sup> siècle.  Nous y apprenons qu’un temple hindou a toujours 5 niveaux : le niveau des musiciens, symbolisant le ciel, celui des humains symbolisant la terre, le niveau de chevaux symbolisant  la force, celui des éléphants symbolisant la prospérité et le niveau des chats et des panthères symbolisant l’imagination et contre le mauvais sort.  Tous les temples présentent des dessins faisant état de cette hiérarchie.  Notre guide nous informe aussi que l’expression « Udai » veut dire descendant du dieu « soleil » et « pur » signifie « capitale ».  Du même coup on nous explique que toutes les villes de l’Inde dont la terminaison est « bad » ont été fondées par les musulmans.</p>
<p>Notre visite de la ville se termine par une promenade au jardin juste en face de notre hôtel d’où probablement le nom de l’hôtel. Ce jardin anciennement réservé aux femmes exclusivement, avait été aménagé par le souverain pour sa fille et ses compagnes afin qu’elles puissent profiter de la nature en toute sécurité.  On y trouve, une flore variée et intéressante avec une piscine et des sculptures magnifiques.  Notre journée se termine au bazar avec ses ruelles étroites et ses nombreuses boutiques, vendeurs ambulants, dentistes, barbiers…</p>
<p>Nous quittons Udaipur pour <strong>Pushkar</strong>.  En route nous faisons un petit détour par  Nagda à la suggestion de notre chauffeur qui nous en parle comme d’un petit trésor caché.  Il pleut un peu et malgré cela nous parvenons à visiter quelques temples hindous du 10<sup>ième</sup> siècle et jaïns du 15<sup>ième</sup> siècle en rénovation.  En pleine campagne, nous sommes les seuls visiteurs sous ce temps un peu maussade…  Mais la visite valait le détour et les singes étaient bien contents de nous voir!</p>
<p>Après quelques hésitations nous demandons à Ram Singh de passer par Chittorgarh . Pour cela il faut prendre une route différente de celle qu’il avait prévue.  Mais comme tous les indiens, si cela nous fait plaisir, alors il prendra cette route malgré le mauvais temps.  Il s’agit d’une autoroute très achalandée par des nombreux camions comme nous nous en rendrons compte plus tard.</p>
<p>La forteresse de Chittor a une histoire bien particulière qui nous intéresse.  C’est un autre fort du Mewar considéré comme imprenable.  Ce fut la première capitale du Mewar au13<sup>ième</sup> siècle.  La citadelle de Chittor est très belle, assez bien conservée et bien gardée par une foule de singes plus ou moins accueillants.  À ce stade-ci on a compris que « garh » signifie citadelle!</p>
<p>La légende ou l’histoire, la distinction étant très floue entre les deux en Inde, raconte que le puissant sultan de Delhi de l’époque avait eu vent de la beauté exceptionnelle de la princesse Padmini épouse du maharana de Chittor.  Il avait exigé de la voir.  Selon la coutume, celle-ci refusa de se présenter devant un homme autre que son mari.  Pour ne pas contrarier le sultan elle avait subtilement utilisé un jeu de miroirs pour permettre au sultan de la voir de loin sans avoir à lui faire face.  Mal lui en prit, car le sultan ému par sa beauté était d’autant plus décidé à la ramener dans son harem.  Ainsi en 1303, malgré une courageuse lutte par les soldats Rajpoutes du maharana le sultan réussit à prendre la citadelle avec ses  troupes après un long siège resté célèbre.  Pour ne pas être pris et avoir une chance de revenir, le maharana  avait fui laissant les femmes du « zenana » derrière lui.  La princesse et ses compagnes réalisant l’échec des troupes ont refusé le déshonneur et optèrent pour le suicide collectif  appelé « johar ».  Cette coutume s’est répétée à quelques reprises dans l’histoire du Rajasthan.</p>
<p>Sur la route vers Pushkar nous observons une circulation extrêmement dense avec des files de camions tous plus lourds et chargés les uns que les autres.  Cette autoroute est celle qui mène de l’état du Gujarat, l’un des plus industrialisés et des plus riches de l’Inde jusqu’à Delhi.  Nous sommes toujours dans la période de congé du Diwali et beaucoup de plaques du Gujarat témoignent également du tourisme en cours dans le Rajasthan à cette période de congé du Diwali.</p>
<p>C’est aussi la période de la foire aux chameaux de Pushkar attirant des milliers de visiteurs.  La pluie est forte en après-midi et les arrêts sur cette autoroute sont médiocres et axés sur les besoins des camionneurs.  Inutiles de noter que nous avons mangé du riz pour le lunch!  En effet, cette région est très religieuse, Pushkar étant une ville sainte importante.  Le végétarisme est donc de mise partout.  En plus Pushkar est une ville sèche (sans alcool).</p>
<p>Notre hôtel, le Jagat Palace, est colonial et l’un des rares hôtels luxueux de Pushkar.  Notre chambre est spacieuse et belle mais plutôt vieillotte avec un système électrique datant des années cinquante au mieux.  L’éventail au plafond est bruyant et me tiendra éveillé toute la nuit.  Notre balcon donne sur la piscine mais il faut un peu d’imagination pour la voir tellement les jardins sont denses quoique magnifiques.  La salle à dîner est superbe, très coloniale et la cuisine excellente.  L’hôtel semble complet.</p>
<p>Pushkar étant une ville sainte hindoue notre guide est un prêtre brahmane.  C’est sa première expérience de guide nous dit-il.  Indulgentes nous le questionnons et essayons d’avoir un peu d’informations.  Son anglais est médiocre et visiblement il ne comprend pas bien.  Après une visite de ce vaste marché à ciel ouvert  qu’est la ville où on ne peut consommer ni œuf, ni viande, ni alcool mais qui offre des ruelles couvertes de boutiques de toutes sortes au bout desquelles se trouvent des temples hindous, dont le plus ancien dédié au créateur Brahma, nous arrivons au lac sacré.  Des centaines de fidèles s’y baignent, prient ou s’y lavent aux ghâts (escaliers descendant vers l’eau) qui le bordent.   Notre guide nous demande de faire une contribution pour le maintien de ce lieu sacré.  Il est tellement insistant que nous donnons une contribution malgré les conseils du matin de la part de notre chauffeur.</p>
<p>Ensuite notre guide nous amène  visiter la boutique du gouvernement (emporium) où je me laisse tenter par une tunique blanche à la mémoire de Brahma et nous décidons de rentrer, bien déçues de cette visite.  Notre guide ne nous a même pas conduit à la foire dont tout le monde nous a parlé mais nous a fait passer par des ruelles avec latrines à ciel ouvert dont l’odeur n’invite pas à la flânerie! En fait, cette visite est la moins intéressante de tout notre parcours et je crois que c’est parce que notre guide n’en était pas un et peut-être parce qu’il y avait un monde fou dans ces petites ruelles!</p>
<p>Au retour à l’hôtel je me suis replongée dans l’autobiographie de la dernière maharani de Jaipur intitulée « A princess remembers » de Devi Gayatri, morte il y a deux ans  à l’âge vénérable de 92 ans et qui fut membre du parlement de l’Inde indépendante avec une majorité de 125 000 notée dans le livre des records Guinness!  Un livre passionnant qui nous prépare à notre visite du lendemain.</p>
<p>La route entre Pushkar et Jaipur est longue, embourbée et le temps est pluvieux.  Nous sommes bien heureuses d’arriver à <strong>Jaipur </strong>et à notre hôtel moderne écologique, bien située et  très confortable avec un luxe fort apprécié.  The Fern est un hôtel en hauteur et très élégant avec un excellent restaurant et un bar sympathique.</p>
<p>Le lendemain notre guide Schelly nous fera découvrir la seule ville indienne conçue par un urbaniste en 1728 avec de belles avenues très larges et des parcs reposants.  Jaipur est la capitale du Rajasthan.  « Jai » ou « ville de la victoire » est qualifiée de ville rose depuis 1883. Elle avait été  repeinte de la couleur traditionnelle de l’hospitalité alors qu’elle accueillait le prince Albert en visite.  Depuis cette date le règlement municipal oblige toutes les constructions à afficher une devanture rose comme le palais des vents le « hawa Mahal » datant de 1799 près du mur de l’enceinte extérieur du palais royal.   Construit pour les femmes du palais vivant en « purdah » (en isolement), cette simple façade rose ajournée de 953 niches ou fenêtres leur permettait d’observer le spectacle de la rue sans être vues.  Ce palais est l’emblème de Jaipur dans tous les documents touristiques.</p>
<p>La montée vers le fort d’Amber se fait à dos d’éléphant.  Une expérience que je trouve amusante mais que Lucie n’a pas appréciée.  C’est vrai que l’on se fait balloter un peu et que nous sommes assises de travers dans des fauteuils fermés avec un petite barre pas trop sécuritaire.  Notre éléphant était plus vieux mais  rapide et plutôt sympathique avec ses décorations!   Le palais est encore aujourd’hui la résidence de la famille royale.  D’ailleurs durant notre séjour le mariage de l’une des princesses de Jaipur avec un prince d’un autre royaume a fait la une des journaux.</p>
<p>Quand le drapeau flotte au vent au dessus du toit du palais, c’est que la famille royale est présente au palais.  Entièrement privé ce palais recèle de trésors tous plus magnifiques les uns que les autres.  Les maharajahs qui s’y sont succédé étaient très cultivés et instruits en astronomie, en science, en architecture  et en mathématiques comme en témoigne les nombreux musées et salles d’exposition.   Appréciés de son peuple c’est le maharajah de Jaipur qui a donné le terrain pour la construction de la nouvelle Delhi.  C’est aussi lui qui a construit un observatoire à Delhi et à Jaipur pour que la population se familiarise avec la science en particulier l’astronomie.  Il en a aussi fait construire à Mathra, Ujjain et Varanasi.  Enfin c’est le dernier Maharajah de Jaipur, champion joueur de polo, qui a concerté les autres maharajahs au moment de l’indépendance de l’Inde pour assurer la construction de son pays.</p>
<p>C’est aussi sa deuxième épouse, la dernière maharani de Jaipur qui s’est présentée en politique après l’indépendance et a ouvert les premières écoles pour les filles.  Elle espérait qu’en instruisant les filles des familles des nobles plus résistantes au changement, cela aurait pour effet d’intéresser les familles des autres groupes sociaux à envoyer leurs filles à l’école publique qui suivrait.  C’est est l’auteur du livre « Une princesse se souvient » dont j’ai parlé plus tôt, maintenant traduit en français et en vente à la boutique du palais.</p>
<p>Après notre séjour à Jaipur nous filons vers Fatehpur Sikri et Agra.  Sur la route nous traversons Mala, un village de prostituées à 55 km avant Agra en venant de Jaipur.  Ces jeunes filles très jeunes et fortement maquillées, assises ou couchées sur des lits, grands comme des tables, le long de la route plus ou moins à l’abri des intempéries sous de tentes de fortune, s’offrent aux camionneurs ou aux routiers. La prostitution est illégale en Inde, mais tolérée au bon vouloir des policiers sans doute.</p>
<p>D’ailleurs la police dans ce pays est généralement relaxe.  Sauf exception elle ne semble pas très portée sur le maintien de la paix.  Son plus gros défi est de gérer la circulation et ce n’est généralement pas un succès.  On nous a dit d’ailleurs que l’une de leurs activités principales était de chercher à recevoir des « pots-de-vin » sous toutes sortes de prétextes.  À les voir nonchalants je commence à le croire.</p>
<p>Nous quittons le Rajasthan pour l’Uttar Pradesh vers Agra.  Étonnamment chaque province possède un poste de péage pour y entrer par la route.  Aussi il faut traverser une autre de ces semblants de frontières.  Avant d’arriver à Agra nous faisons une visite à <strong>Fatehpur Sikri</strong> la capitale impériale d’Akbar.  Akbar est le petit fils du fondateur de l’empire Moghol en Inde.  C’est à lui que l’Inde doit la plupart de ses institutions et orientations politiques fondamentales.</p>
<p>Akbar a hérité du pouvoir à 13 ans et fera progresser son empire de 1556 à 1605.  Pour asseoir son empire il épousera les filles de plusieurs maisons Rajpoutes et respectera leurs coutumes. Il bâtira un empire qui durera deux siècles.  Bien qu’illettré il encouragea les arts et respecta les différents cultes.  Avec 300 épouses et 5 000 concubines il laissa ses femmes hindoues pratiquer leurs rites.  Fin politique et redoutable guerrier, il contrôla le nord et le centre de l’Inde, ainsi que la majeure partie de l’Afghanistan.</p>
<p>La montée vers le fort d’Akbar en triporteur est intéressante car les vestiges sont bien conservés .  On apprend que le choix de Sikri comme capitale impériale est dû au saint Chishti qui aurait prédit à Akbar qu’il aurait trois fils.  La prédiction s’étant matérialisée, Akbar établit sa capitale à Fatehpur Sikri.  Le palais et la mosquée royale abritant le corps de Chishti sont impressionnants.  Le temple de Chishti donnerait la fertilité aux femmes!  On constate le confort de l’époque.  Ce palais est construit en grès sculpté provenant de la colline de Fatehpur qui veut dire « ville de la victoire ».  Akbar n’aurait habité Fatehpur Sikri que 14 ans à cause d’une pénurie d’eau.  Ce palais allie de manière déconcertante et magnifique, l’architecture hindoue et  musulmane.</p>
<p>Son fils Jahangir et son petit fils Shah Jahan ont poursuivi l’expansion et la consolidation de l’empire.  C’est à ce dernier que l’on doit le Fort rouge (à Delhi) et le Taj Mahal.  Arrivée à <strong>Agra</strong>, dans la dernière capitale impériale d’Akbar, nous nous rendons à notre hôtel le Howard Plaza où notre journée se termine par un excellent repas sur la terrasse du toit de notre hôtel!  Tout simplement féérique d’où l’on peut voir le Taj Mahal au loin.  Cela augure bien pour cette visite tant attendue de deux jours .</p>
<p>Une belle journée de visite à Agra nous conduit à travers les rues de cette cité des empereurs qui garde un cachet de cité médiévale.  Cette ville a connu son apogée sous les trois empereurs moghols de Akbar jusqu’à Shah Jahan en passant par Jahandir.  L’histoire de l’Inde est très liée à Agra.   Le fort d’Agra sur les berges de la Yamuna est en pierre de grès de taille rouge feu, comme le fort rouge de Delhi, alors que le Taj Mahal est en marbre blanc.  Ce dernier, un condensé d’architecture moghole figure sur toutes les publicités de ce pays.  C’est la photo de la première page de ce texte.</p>
<p>Ce témoignage à l’amour a été érigé par l’empereur Shah Jahan pour abriter la sépulture de son épouse chérie Mumtaz Mahal.  Elle a été sa véritable compagne qui l’accompagna dans ses campagnes militaires et le soutint dans le gouvernement des affaires de l’État durant 19 ans de vie commune au cours desquelles elle lui donna 13 enfants dont 7 survécurent.  Elle est décédée à la naissance de son treizième enfant en 1631.  Il ne s’en est jamais remis et lui fit construire ce monument en marbre blanc incrusté de pierres semi-précieuses (lapis-lazuli, jade, nacre,  &#8230;) avec des proportions d’une simplicité étonnante et d’une beauté envoutante. La construction se déroula de 1631 à 1648!</p>
<p>Le coût de sa construction a fait l’objet de beaucoup de critiques à l’époque en particulier de la part de l’un de ses quatre fils, Aurangzeb qui le lui reprochait.  Il a réussi à déposer son père et prendre la direction de son empire.  Le corps de l’empereur repose dans ce monument à côté de celui de celle qu’il avait aimée.  Avant d’être emprisonné par ce troisième fils, Shan Jahan avait fait construire une nouvelle ville à Delhi en 1638 où dix ans plus tard son fils Aurangzeb déménageait la capitale.</p>
<p>Ensuite une visite au fort d’Agra s’imposait pour comprendre les intrigues familiales.  En effet, le fort d’Agra a été construit par Akbar (grand-père de Shah Jahan).  À son apogée, ce fort aurait compté 500 édifices dont il ne reste que la partie principale du quartier des femmes avec une architecture indienne correspondant aux besoins des épouses indiennes de l’empereur Akbar.  Ce fort est encore très imposant et on peut y visiter les chambres des femmes dont la qualité, la grandeur et la richesse artistique varient selon l’affection que l’empereur Akbar leur portait.  On peut aussi visiter la chambre de l’empereur déposé (petit fils d’Akbar) Shah Jahan, richement décorée de fresques et de sculptures avec vue sur le Taj Mahal!  Son fils Aurangzeb l’avait enfermé dans ces appartements après avoir assassiné ses frères  et être monté sur le trône.  Magnanime il lui offrait de contempler jusqu’à sa mort le monument érigé pour celle qu’il avait tant aimée!</p>
<p>Avant de terminer notre visite d’Agra nous avons visité celui qu’on appelle le petit « baby Taj » précurseur du Taj Mahal.  Construit entre 1622 et 1628 par la fille (Nur Jahan) du premier ministre de l’empereur Jahangir (fils d’Akbar) et également épouse de Jahangir (père de Shah Jahan).  Ce tombeau était la première construction de la région totalement en marbre et en « pietra dura » avec un fin travail de dentelle de marbre.  En effet Nur Jahan dotée  d’un sens artistique certain avait fait ériger pour son défunt père un magnifique tombeau avant le Taj Mahal, plus sobre mais tout aussi beau, bien que moins richement décoré que le Taj Mahal.</p>
<p>En fin de journée nous sommes allées observer le Taj Mahal de l’autre côté de la Yamuna pour voir le marbre changer de couleur au fur et à mesure que le soleil diminue pour finalement disparaître.  Un spectacle magnifique qui colore le Taj Mahal du blanc pur du matin, au beige, au jaune puis au rose de fin de journée!</p>
<p>Au lendemain de ces visites romantiques nous prenons la route pour <strong>Khajurâho,</strong> un incontournable de l’Inde. Pour nous y rendre nous devons prendre le train depuis Agra jusqu’à Jhansi.  Malheureusement nous n’arrêterons pour voir Gwalior et c’est bien triste.  Quand on va en Inde il faut faire des choix car il y a tant à voir.  Mais je regrette de ne pas être arrêtée à Gwalior dont la forteresse perchée sur la colline est superbe et qui, semble-il a conservé la plupart de ses faïences bleues d’origine (probablement hollandaise ou chinoise)  avec l’un des plus beaux musées de sculptures du pays.  Des amies espagnoles rencontrées sur le train et revues à la fin du voyage en ont été éblouies!</p>
<p>Le voyage en classe « exécutive » jusqu’à Jhansi était très agréable avec un service de grande qualité à bord.  À l’arrivée une voiture nous attendait avec un chauffeur un peu énervé mais se montrant très gentil.  Il nous a proposé de nous arrêter en route à Orcha et de prendre le lunch à cet endroit.  Après vérification des distances et surtout du temps requis nous acceptons.  Quelle heureuse idée.</p>
<p>Orcha est une ville emblématique du Madhya Pradesh (province où nous nous trouvons).  C’est une ville médiévale à environ 120 km de Gwalior.  Elle est sise sur les berges de la rivière Betwa et ses murailles, ses temples et le palais se dessinent dans un paysage gracieusement vallonné.  L’architecture de ce complexe mêle les styles hindou traditionnel, indo sarrasin et moghols le tout richement décoré et merveilleusement conservé.  Le site abrite aussi un hôtel qui semble magnifique.  Le peu de visiteurs rend cette visite encore plus agréable.  Ensuite nous prendrons un excellent repas composé d’un sandwich au poulet vraiment bon,  à un très bel hôtel voisin, propriété du maharaja local!</p>
<p>Enfin nous prenons la route vers <strong>Khajurâho</strong> un peu impatientes car le temps file.  Notre chauffeur n’a pas la discrétion de Ram Singh et parle beaucoup trop.  Il nous questionne sur notre appréciation de sa conduite, arrête pour payer les droits en entrant dans chaque nouvelle province mais prend plus de temps que le temps normalement requis et surtout revient en empestant la cigarette.  Plutôt contrariées nous lui demandons de se concentrer sur la route, mais il continue à vouloir causer et même nous offre de rencontrer son fils.  Après un « non » bien senti, il se concentre un peu plus…</p>
<p>La lumière baisse et la route est de plus en plus encombrée de troupeaux de moutons, de vaches, de chèvres qui rentrent au bercail quand ce n’est pas la charrette tirée par le chameau ou l’âne.  Le trajet est long, dangereux et désagréable à cause de la conduite de cet énergumène.</p>
<p>Nous arrivons à l’hôtel Clarks vers 19 heures, très contrariées et maussades.  Heureusement le représentant de l’agence est là, souriant et fin diplomate s’occupe de tout notre enregistrement pendant que l’on sirote la boisson offerte à l’accueil.  Après les conventions d’usage concernant les visites du lendemain et le départ pour Varanasi nous nous rendons à notre chambre.  Elle est spacieuse et confortable et donne sur un beau jardin dont nous ne connaîtrons la qualité que le lendemain matin!  Après un bon gin dans le bar de l’hôtel on se déplace vers la salle à dîner où le buffet très bon et  la vue sur la piscine nous réconcilient avec la vie.</p>
<p>Le lendemain matin notre guide Raby nous apprend que Madhya Pradesh veut dire « cœur de l’État » ce qui fait plein de sens puisque la province se trouve en plein centre du pays.  Évidemment le site de Khajurâho constitue l’un des plus beaux sites de cet État.  Il fut découvert en 1838.  Ce site remonte à la dynastie Chandela et compte plusieurs temples dont l’attrait est dû à ses sculptures érotiques. Ces sculptures dépeignent aussi la vie quotidienne des habitants et de la cour au 10<sup>ième</sup> et 11<sup>ième</sup> siècle.  Elles sont fascinantes.</p>
<p>Des 85 temples d’origine il n’en reste que 22.  Juste à côté se trouve le musée archéologique  très éducatif.  Tout le site est très beau et bien entretenu.  Les temples sont passionnants à observer que ce soit le groupe de l’ouest ou de l’est.  Khajurâho est une ville agricole à 50% et touristique pour le reste.  Notre guide nous expliquera les enseignements du Kamasutra qui s’étale sur les façades de ces temples.  Ces temples sont très bien restaurés et présentent des scènes de plaisir et d’humour le tout dans un cadre de vie de tous les jours.</p>
<p>Nous apprenons que le sexe est une partie importante dans la vie des indiens!   Ces temples étaient la façon d’expliquer aux hommes et aux femmes venant prier aux temples les différentes possibilités pour atteindre le plaisir sexuel sublime et avec, un état de félicité ou une sorte de transe divine!  Cette explication a été répétée plus d’une fois quand des sculptures érotiques ornaient les différents temples hindous ou jaïns partout où nous sommes passées et pas seulement à Khajurâho…</p>
<p>En fin de journée nous prenons l’avion pour <strong>Varanasi </strong>où nous passerons deux jours.  Bien que le représentant de l’agence ne pouvait pas entrer dans l’aéroport  avec nous il avait tout arrangé de sorte que nos cartes d’embarquement étaient prêtes et nos sièges bien choisis.  Un service hors pair.  Cela est très utile dans les aéroports indiens généralement très achalandés et où il n’est pas toujours évident ni de comprendre les directives ni de se faire comprendre!</p>
<p>Après un vol sans histoire nous atterrissons à Varanasi où encore une fois le représentant de l’agence nous attend et nous conduit à notre voiture où nous accueille un chauffeur jeune, sympathique et dévoué.  Nous sommes de retour dans la province  de l’Uttar Pradesh.  À l’hôtel Hindustan International près du centre de la ville nous sommes accueillies avec les sourires d’usage par le personnel de l’hôtel.  C’est seulement la seconde fois qu’une femme est au comptoir de l’hôtel!</p>
<p>Notre guide arrive également et nous offre d’assister aux cérémonies du soir bien que cela ne soit pas compris dans notre forfait.  Après nous être informées de l’intérêt de la visite nous décidons de suivre les conseils et d’y aller même si le lendemain il faudra se lever très tôt pour assister aux cérémonies du matin!</p>
<p>Varanasi est la fusion de deux mots Varuna et Assi qui sont deux rivières qui se jettent dans le Gange.  C’est la partie la plus sacrée du « fleuve mère ».  C’est ainsi que l’on réfère au fleuve Gange qui coule du sud au nord entre la ville sur la rive ouest et les champs sur la rive à l’est.  Sous l’empire britannique la ville se nommait Bénarès et son ancien nom est Kasi.  Elle a 4 000 ans d’âge et est le lieu saint de l’hindouisme comme du bouddhisme.  C’est le saint des saints sur les rives du Gange.  Avec ses nombreux ghâts et ses galis (passages allées) nous sommes au cœur de l’Inde religieuse.  Pour les hindous, Varanasi c’est la patrie du dieu Shiva qui veut dire « heureux auspices »  ou encore « joie ».</p>
<p>Mourir à Varanasi sur les berges du fleuve Gange permet d’atteindre  le « moksa » soit la fin des cycles de la réincarnation (renaissance).  Selon les croyances hindoues, la vie humaine se déroule en quatre phases : de 0 à 25 ans, c’est la connaissance, de 25 à 50 ans c’est la prospérité et l’acquisition de richesses, de 50 à 75 ans, c’est le plaisir et au-delà de 75 ans c’est la fin vers la renaissance.  La mort fait partie du quotidien en Inde et à Varanasi nous le sentons vraiment.  Tous les soirs il y a une cérémonie bruyante et étonnante au bord du fleuve pour honorer la mère Gange.</p>
<p>Notre guide vient nous chercher vers 18 heures. Une partie de la distance se fait en voiture mais au centre de la ville il faut absolument marcher ou prendre un rickshaw pour se rendre au ghât.  Notre promenade est distrayante.  En effet, notre guide est particulièrement posé et nous demande de la suivre doucement à son pas.  Tout le monde le salue et nous avons l’occasion d’observer une foule de pèlerins et quelques touristes qui se rendent au même endroit que nous.  Nous n’avons pas assez d’yeux pour voir toutes les boutiques de soie et de  produits de toutes sortes qui bordent la rue dans laquelle nous marchons.  Au fond d’une boutique, une vache est calmement couchée et observe le va et vient de la rue.  Cela nous fait éclater de rire évidemment mais pour les indiens c’est tout naturel.</p>
<p>Arrivés au ghât, des scènes sont érigées pour la cérémonie du soir. Nous prenons une barque qui nous attend et  partons découvrir les bords du Gange à la tombée de la nuit.  Le pilote guide le bateau à la rame qui glisse doucement sur le fleuve sacré pendant que notre guide nous indique les temples de Shiva, de Hanuman et au loin les minarets de la mosquée érigée par l’empereur moghol Aurangzeb sur le site d’un temple hindou et hautement protégée par les militaires, comme nous le constaterons le lendemain.</p>
<p>En route vers les sites de crémation nous procédons à nos propres offrandes, un lampion déposé dans une sorte de soucoupe et qui flottera sur le Gange jusqu’à ce que notre vœu soit exaucé!   Arrivés aux sites de crémation nous assistons à une cérémonie qui débute.  La crémation est un moment heureux pour les hindous.  Seuls les hommes sont admis car les femmes sont trop sensibles devant la mort et risqueraient de pleurer!</p>
<p>À la suite d’une procession le corps du défunt enveloppé d’un linceul blanc est descendu par les marches du ghât pour être ensuite plongé dans le Gange afin d’être purifié.  Ensuite le fils ainé ira voir le prêtre pour acheter la flamme éternelle qu’il détient après une négociation très serrée et très importante.  Il négociera aussi le coût du bois requis pour le bucher funéraire.  Ce coût peut être très élevé et doit être négocié au ‘juste prix » pour tous.  Tout le bois est bien mesuré et pesé de sorte que la négociation est très précise.  Ce rite funèbre est très important pour que le défunt soit libéré du cycle de réincarnation.  Ensuite le corps est déposé sur le bûcher pour être brûlé.  Cette étape est la responsabilité des intouchables pendant que les amis et parents se réjouissent et chantent.  Une fois le corps en cendres, ces dernières iront dans le Gange en tout ou en partie et seront dispersées dans la nature.</p>
<p>Ce rituel s’applique à tous les morts sauf les femmes enceintes et les enfants dont on jette le corps directement dans le Gange car leur vie étant interrompue il est nécessaire qu’ils se réincarnent.  Les personnes décédées à la suite d’une morsure de serpent sont aussi jetées dans le Gange parce que leur corps peut être mort mais leur âme meurt plus tard.  Enfin notre guide nous informe que toute famille hindoue a obligatoirement trois personnes-ressources: un barbier, un laveur de linge et une sorte d’embaumeur&#8230;</p>
<p>Après cette cérémonie émouvante en pleine noirceur devant un bûcher encore en feu, nous rentrons doucement vers le ghât central où doit se ternir la cérémonie du soir.  En débarquant sur la berge nous avançons vers un endroit au-dessus des scènes où déjà des prêtres s’affairent à allumer des lampions et des grands chandeliers pour ensuite faire sonner des clochettes, chanter des cantiques et virevolter sur leur scène respective.  Tout un spectacle!</p>
<p>Pendant ce temps-là, à nos pieds, trois ouvriers pieds nus font du ciment et comblent des trous sur le trottoir avec le ciment transporté dans des bassins plats.  L’un d’eux brasse le ciment à la main, l’autre  le transporte et enfin le troisième passe la truelle pour la finition.  Cela durera tout le temps que nous serons là.  C’est la vie normale au milieu de ce tintamarre!</p>
<p>Nous rentrons comme nous sommes arrivés, en marchant doucement dans la rue principale jusqu’au point de rencontre fixé avec notre chauffeur.  De retour à l’hôtel nous sommes épuisées, émues mais contentes d’avoir assisté à quelque chose de très inusité et surtout d’avoir compris ce qui se passait.  Nous marchons vers la salle à dîner sans trop parler et prenons quelques minutes avant d’échanger nos impressions.  Nous sommes toutes les deux très heureuses d’avoir vécu cette expérience même si le réveil demain sera à 5 heures du matin pour être au ghât avant le lever du soleil.</p>
<p>À peine réveillée nous descendons au ghât en pleine noirceur avec les touristes et surtout les pèlerins.  Il y a beaucoup moins d’activité qu’hier soir car les commerces ne sont pas encore ouverts.  Nous prenons encore une fois une barque pour longer les rives du Gange.  Il y a plus de 35 ghâts à Varanasi et sur chacun il y a des centaines de gens qui plongent dans le Gange, s’y lavent, et se purifient.  Ces rites sont très importants et ont lieu tous les matins.  Il y a des jeunes, des moins jeunes et des très vieux.  En haut d’un ghât on voit des étudiants à la prêtrise en robe orange qui font leurs prières du matin.  Ces étudiants sont généralement des enfants pauvres qui s’engagent ou que les parents envoient parce que l’école y est gratuite.  Ils sont étonnamment jeunes!</p>
<p>Tout le long des berges se trouvent des temples, des ashrams ou des hospices pour ceux qui viennent mourir ici afin d’atteindre le « moksa ».   On voit des palais de Maharajah ou d’anciens palais dont un célèbre qui est en voie de conversion en hôtel de luxe!   Au fil de notre visite le soleil se lève doucement englobant la ville d’une douce luminosité dorée d’où émerge une ville qui s’éveille lentement.</p>
<p>En descendant de la barque c’est la visite dans les allées de Varanasi.  On se sent très voyeurs à marcher dans ces passages très étroits.  Les indiens procèdent à leurs activités matinales sans tenir compte de ces quelques touristes qui se promènent pratiquement dans leur maison!  Arrivés devant une petite entrée le guide nous informe que la présence militaire soudainement importante est due aux risques d’attentats terroristes sur le site de la fameuse mosquée d’Aurangzeb contestée parce qu’érigée sur le site d’un ancien temple hindou.  Cela nous retient et nous décidons de ne pas procéder à cette visite.  Les semaines suivantes, un attentat y faisait d’ailleurs quelques blessés…</p>
<p>Nous revenons à l’hôtel pour le petit déjeuner vers 9 heures pour repartir tout de suite après pour la visite de l’université de Bénarès (Varanasi).  C’est un campus magnifique, immense et recouvert de jardins et d’édifices séparés par des rues impeccables.  Cette université a été initiée par le premier Indien « révolutionnaire » à vouloir libérer l’Inde des troupes britanniques.  Sa statue se trouve à plusieurs endroits en Inde mais elle est rarement identifiée.   J’ai eu l’impression que l’on ne voulait pas parler beaucoup de cet homme et mes questions sont restées sans réponse…</p>
<p>De l’université nous nous dirigeons vers Sarnath à 6 km au nord de Varanasi au parc aux Cerfs où Bouddha aurait fait son premier sermon après avoir atteint  le « bodhi » à savoir, l’éveil.  Parmi les vestiges les plus remarquables de ce site figurent le Dhamekh Stupa où Bouddha aurait prêché, la colonne d’Ashoka et le tombeau où les cendres de Bouddha reposeraient.  Ashoka était l’empereur au 3<sup>ième</sup> siècle avant Jésus Christ qui ayant vu un champ de bataille jonché de cadavres fut tellement ému qu’il remit en question son ambition matérielle.  Il aurait trouvé ses réponses dans les enseignements de Bouddha et se convertit au bouddhisme.  Plusieurs prêtres et touristes thaïlandais visitent également ce site important du bouddhisme.  Le musée voisin est tout aussi intéressant et abrite le chapiteau aux lions de la colonne d’Ashoka devenu aujourd’hui l’emblème du gouvernement indien.</p>
<p>Le bouddhisme n’est pas une religion mais plutôt une philosophie remontant aux enseignements de Bouddha né sur les contreforts de l’Himalaya.  Fils de roi, l’astrologue royal avait prédit que ce prince du nom de Siddharta, se ferait mendiant et quitterait son royaume à la quête de la sagesse permettant de surmonter la souffrance.  Malgré l’isolement dans lequel son père l’avait gardé pour le protéger de toute vision déplaisante afin qu’il ne découvrit pas la souffrance.  Malgré le fait que son père l’avait marié à une princesse du royaume voisin qui lui donna un fils qu’il baptisa Rahula qui veut dire « obstacle ».  Bouddha découvrira les trois responsables de la souffrance : la maladie, la vieillesse et la mort.</p>
<p>Il quitte le palais seul à la recherche de la sagesse.  C’est en méditant sous un arbre qu’il atteint ll’éveil.  Le prince Siddhartha est désormais le Bouddha, ou l’éveillé.  Il prêchera les quatre nobles vérités de la pensée bouddhiste : la souffrance, l’ignorance, le désir et le nirvana (la paix, le silence).  Par le chemin de la mesure et de l’auto perfection, l’homme peut vaincre ses désirs et atteindre le nirvana, cet état transcendantal de libération absolue.  Il mourra à 80 ans (en 483 ans avant Jésus-Christ) non loin de son lieu de naissance après avoir passé les 40 dernières années de sa vie à voyager prêchant le message de l’amour, de la compassion, de la tolérance et de la retenue.  Ses dernières paroles auraient été : « Un bouddha ne peut que montrer le chemin.  Sois ta propre lampe.  Prépare ton propre salut avec assiduité ».</p>
<p>À la fin de nos visites, l’arrêt à une fabrique artisanale de soieries s’impose car Varanasi est la ville de la soie.  Après une visite des installations de fabrication d’hier et d’aujourd’hui, nous faisons quelques achats de pièces en soie absolument magnifiques.  De retour  à l’hôtel, le repos est bien mérité d’autant que le lendemain il faudra rentrer à Delhi.  La soirée se passe à faire le bilan de ce voyage dans un autre monde, à échanger nos impressions, à comparer nos compréhensions et à compléter nos notes.</p>
<p>Le retour sur Delhi passe par le vol que nous prenons au nouvel aéroport de Varanasi lequel n’est ouvert que depuis cinq jours!  Un aéroport ultra moderne où les ouvriers s’attardent encore à la finition.  Notre attente pour le vol a été longue car l’avion était en retard de deux heures.  C’est beaucoup mais apparemment assez courant en Inde  La sécurité à ce nouvel aéroport est lente et compliquée.   Deux rangées de contrôle, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes, n’accélèrent pas le traitement! On voit que tout n’est pas encore rodé.  Encore une fois ce sont les femmes qui font le ménage à l’aéroport et je repense à cette remarque d’un de nos guides quand je m’étonnais que l’on ne voie que des femmes au travail  « l’homme indien est paresseux, ici ce sont les femmes qui travaillent ».</p>
<p>À l’arrivée à l’aéroport de Delhi notre chauffeur nous ramène chez nos amis qui nous attendent pour souper.  Nous fêtons notre retour avec un autre couple de leurs amis qui quittent le lendemain pour rentrer au Québec.   Un souper animé, où tout le monde échange ses impressions!</p>
<p>Les derniers jours à Delhi sont encore plus intéressants que les premiers l’avaient été.  Nous visitons les jardins de Lodi où nous prenons le lunch du dimanche midi sur la terrasse d’un restaurant fort élégant et très bon au centre de ces magnifiques jardins urbains.  Notre promenade dans ces parterres fleuris avec des arbres immenses où les jeunes familles indiennes se baladent et s’amusent nous permet de visiter  les tombes octogonales de Muhammad Shah souverain du 15<sup>ième</sup> siècle et près d’un lac, celle de Sikandar Lodi (15 et 16<sup>ième</sup> siècle) période du règne des Lodi.</p>
<p>Nous prenons le métro durant deux jours pour poursuivre notre découverte de Delhi.  Après la visite de la Connaught Place tout à fait britannique, nous allons visiter la responsable de ce magnifique voyage à son agence.  Cette entreprise opérateur de tour nous a fait découvrir merveilleusement l’Inde des Maharajahs et mieux comprendre l’histoire de ce pays fascinant.  Nous voulons remercier Urmila Singh la gérante à qui nous devons toutes ces merveilleuses expériences et qui nous a suivies durant tout notre périple en communiquant avec nos chauffeurs.</p>
<p>Après un tour de rickshaw à partir d’une station de métro nous arrivons à l’adresse dont nous disposons et montons vers les bureaux dans une maison où travaillent une soixantaine de personnes plutôt jeunes et très sympathiques.  Surprise, Urmila y travaille depuis plus de 10 ans.  Elle est très heureuse de nous rencontrer et surtout de savoir que nous avons fait un beau voyage.  Nous apprenons qu’elle collabore avec plusieurs agences de voyage du Canada et que son équipe visite le Canada annuellement.  Nous réalisons combien nous avons eu de la chance d’avoir cette référence qui nous a fait un circuit à des prix de grossiste plutôt que de détaillant!</p>
<p>Très heureuse de notre visite nous poursuivons notre exploration de Delhi  en prenant durant une journée entière le « OHOH Bus » sorte de bus touristique qui fait le tour des principaux sites historiques de Delhi et que nous pouvons prendre et quitter à notre convenance toute la journée.  Les différentes guides (encore des femmes) nous permettent de découvrir davantage de la vie de cette ville.</p>
<p>Une sculpture présentant trois soldats, un de Jaipur, un de Jodhpur et un de Hyderabad, chacun orienté vers sa ville d’origine est particulièrement étonnante.  Nous apprenons que chaque province possède une résidence dite « des élus » où logent les élus de la province quand ils sont à Delhi.  Il y en a 19 au total.  Le musée national serait le plus beau des musées de Delhi, mais le temps nous manque pour le visiter.  Le temple Sikh avec son dôme d’or est le plus gros de Delhi juste à côté du plus gros bureau de poste de Delhi.</p>
<p>Nous pouvons voir les deux grands stades de sport de Delhi, très impressionnants et le site de crémation du Mahatma Gandhi, le Raj ghât sur l’ancienne rivière Yamuna aujourd’hui à sec.  Le fort Rouge où le Premier Ministre  prononce ses discours est semblable au fort d’Amber que nous avions trouvé si beau et comme lui il abrite encore l’armée. Juste en face un temple jaïn est aujourd’hui converti en hôpital pour oiseaux.  Nous passons devant la grande mosquée du vendredi de Jama Masjid, la plus grande de l’Inde avec 25 000 places. On apprend que 50% de la population de Delhi est musulmane.</p>
<p>Après la cour suprême de l’Inde avec son musée nous revoyons l’Indian Gate. C’est curieux et amusant de voir toutes ces tables autour des cours de justice en Inde qui servent de bureaux pour les nombreux avocats en recherche de clients!  Nous observons de loin le musée d’art moderne dans Jaipur House, le musée des enfants, le vieux fort et le jardin Zoologique.  Après un repas de grand luxe à l’hôtel Oberoi nous visitons la tombe de Humayun, en grès rouge nichée dans un jardin magnifique sur un site important et en voie de restauration.  On y apprend que les femmes musulmanes pouvaient être « Sultan » au décès de leur mari et que l’une d’elle est enterrée dans ce complexe.  Ensuite, nous pouvons voir le temple Lotus, un temple Bahaï assez récent (1986) tout en marbre en forme de fleur de lotus; c’est un lieu de pèlerinage important pour les bahaïs.  Nous visitons aussi Qutb Minar avec son pilier de fer datant du 4<sup>ième</sup> siècle et encore impeccable ce qui montre que leur connaissance des métaux était très avancée.</p>
<p>Enfin, on termine notre journée en célébrant l’anniversaire de naissance de notre ami qui a choisi un superbe restaurant chinois dans Gurgeon.  L’excellent repas a aussi été partagé avec son épouse et son adjoint un beau jeune homme indien qui travaille tout en poursuivant son MBA ce qui n’est pas rare en Inde où les jeunes ont beaucoup d’ambitions dans un pays où l’avenir leur appartient visiblement.</p>
<p>Enfin, notre dernière soirée à Delhi nous a permis de visiter l’hôtel Impérial.  Nous avons pris un gin au bar avant de prendre notre souper avec nos amis dans l’élégant restaurant italien de ce magnifique hôtel colonial historique au centre de Delhi pour terminer en beauté notre visite extraordinaire dans un pays étonnant.  Un pays différent, ambitieux, truffé de coutumes et d’habitudes religieuses découlant des différents conquérants.  Les couleurs du drapeau indien traduisent d’ailleurs cette réalité où le safran représente l’hindouisme, le vert l’islam et le blanc toutes les autres religions.</p>
<p>Je termine ce récit en me rappelant une phrase lue à Delhi  que je n’oublierai plus « the only thing you cannot recycle is wasted time ».</p>
<p>Durant ce séjour trop bref dans un pays trop grand et trop complexe, je n’ai pas gaspillé de temps.  Et j’ai compris le sens du slogan de la campagne de publicité de ce pays fascinant :« Incredible India »!  Oui l’Inde est incroyable et fascinante.  Elle m’a changée.  Elle m’a donnée le goût de vivre mes prochaines années dans le « plaisir » qui convient à cette période de ma vie !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Référence :  Guide Gallimard, bibliothèque du voyageur INDE. Janvier 2009</span></p>
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